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18 août 2015

John FORD : La descente en enfer d'un ufologue




8 ans de détention sans jugement pour John Ford ! C'est apparemment le prix à payer pour un homme qui comme Icare s'est brûlé les ailes à trop vouloir percer les secrets des dieux du “cover-up”.

Cette histoire très particulière d'un “empêcheur de tourner en rond” qui s'est vu priver de sa liberté et de ses droits est avant tout un drame humain qui nous plonge dans les eaux troubles de l'ufologie mais surtout nous interpelle sur l'interprétation toute personnelle que certains acteurs du système politique et judiciaire américain ont de la justice, de leur justice.




Les enquêteurs, journalistes ou scientifiques qui, comme nous, se sont interrogés sur la réalité du phénomène OVNI ont presque tous entendu parler de cette affaire et pourtant, à l'exception notable d'un article du Washington Post, il n'existe pratiquement aucun livre, aucune enquête sur cette cabale si ce n'est un manifeste (lire la traduction française) rédigé par le “comité de soutien” de John Ford et diffusé sur Internet peu de temps après son arrestation.

Un paradoxe qui nous a poussé à vouloir en savoir plus sur le mystère qui entoure la descente aux enfer de cet ufologue pas comme les autres.

Pour mener à bien la réalisation de cet article nous avons vainement essayé de contacter les membres du comité de soutien de Ford et force nous a été de constater que nous avions affaire à un comité qui, de soutien, n'en porte que le nom : boite email périmée, pas d'adresse ni de téléphone.

Pas découragés pour autant et après quelques jours de recherches, nous avons enfin réussi à contacter Elaine Douglas, la présidente de cet étrange comité fantôme. 

Conférencière bien connue outre atlantique par le milieu de la recherche sur l'hypothèse extraterrestre, Elaine Douglas est avocate mais également une activiste courtisée par les media en qualité de “ufo believer” (ndtr : croyants dans les Ovnis). 

Co-fondatrice de l'ORTK (Operation Right to Know) (ndtr : opération droit de savoir), elle milite pour la levée du secret imposé, selon elle, par le gouvernement américain sur le phénomène OVNI.­ 

Madame Douglas, qui avait initialement accepté notre demande d'interview avec beaucoup d'enthousiasme, nous a –il faut bien le dire- menés en bateau et s'est réfugiée dans un silence radio inexplicable malgré nos demandes réitérées de clarification sur cette affaire. 

Ce projet de reportage serait resté dans un carton si nous n'avions rencontré Peter Moon et Preston Nichols -deux acteurs controversés de la scène conspirationniste et proches de John Ford ainsi qu'Alfred Lehmberg, un ancien pilote reconverti dans l'enseignement et l'écriture underground qui a réalisé une campagne de soutien très active pour Ford.







La génèse



Pour ceux qui ne seraient pas familier avec cette histoire, le nœud gordien de ce drame se joue à Long Island, un endroit quasi mythique qui a bien plus a offrir que la gloire passée de ses stations balnéaires pour quiconque s'intéresse au phénomène Ovni. 

Cette île qui s'étale sur plus de 200 Km sur la côte Est dans l'État de New York est au même titre que l'aire 51, Roswell ou Dulce le théâtre d'évènements aussi mystérieux qu'énigmatiques : apparitions nombreuses d'OVNIS, black projects (ndtr : projets occultes) dans les bases souterraines de Montauk, expériences de dématérialisation de vaisseaux de guerre et voyages spatio-temporels font partie de la légende -urbaine, préciseront certains- de Long Island. 

Des rumeurs entretenues par quelques conspirationnistes déjantés aux intentions principalement mercantiles? Pourquoi pas, c'est une hypothèse qui a le mérite d'être simple et il est vrai que ces histoires extraordinaires sont largement diffusées par la publication de livres, vidéos et show radio parmi lesquelles la fameuse émission nationale “Coast to Coast” (ndr : émission très populaire de Art Bell). 

On pourra néanmoins se payer le luxe de se poser quelques questions tant il est clair que c'est la Navy qui, la première, a donné le coup d'envoi à la propagation d'informations qui auraient parfaitement pu figurer dans les scénario les plus fantasques de la série X-Files.

Tout commence en 1955 quand l'ONR, l'Office Naval de la Recherche à Washington DC, reçoit un colis anonyme contenant un exemplaire étrangement annoté du livre de l'ufologue Morris K. Jessup , “The Case for the UFO”. 



Le Capitaine Sydney Sherby alors officier des missions spéciales et le Commandant George Hover en feront d'ailleurs imprimer une centaine de polycopies à usage interne par la “Varo Manufacturing Company”.

 Les marges intérieures de cet exemplaire particulier étaient griffonnées par un homme affirmant avoir été témoin d'évènements extraordinaires impliquant, entre autres, le navire de guerre USS Eldridge.

 A l'en croire, ce destroyer ainsi que son équipage auraient été dématérialisés en 1943 lors d'une expérience conduite par la Navy sous le nom de code Invisibility Project (ndtr : projet invisibilité) ou encore Rainbow Project (ndtr : projet arc-en-ciel). Expérience évidemment niée par l'ONR, arguant que son département n'a vu le jour qu'en 1946. 



Pourtant, à l'époque, les services de renseignements de la Navy se dirent particulièrement impressionnés par la teneur de ces écrits, finalement attribués à Carl Allen alias Carlos Allende , maniant des concepts futuristes avec un jargon d'initié aux thèses relatives aux espaces hyper dimensionnels. 

Ils allèrent même jusqu'à convoquer Jessup pour lui demander s'il connaissait l'auteur de ces récits. Suite à cet entretien, notre ufologue, fasciné, se consacra à cette énigme avant de se suicider quatre ans plus tard par asphyxie dans sa voiture

C'est du moins la conclusion officielle de l'enquête de police. Il est difficile, dans ce contexte, de ne pas voir là une opération de désinformation orchestrée par les services spéciaux de la Navy ou encore -selon une thèse développée par Alexandra Bruce l'auteur de “The Philadelphia Experiment Murder; Parallel Universes and the Physics of Insanity” (ndtr : Le meurtre de l'expérience de Philadelphie, les univers parallèles et la physique de la folie ) - une psyop (ndtr : opération psychologique) destinée à étudier le comportement de la population face à des données complexes impliquant des univers parallèles. 

Cela ne veut pas dire pour autant que l'histoire de l'USS Eldridge soit forcément montée de toute pièce. Après tout, une bonne désinformation s'appuie souvent sur une part de vérité. 

Toujours est-il que l'affaire rebondit spectaculairement quelque décennies plus tard, en 1992, avec les témoignages d'Al Bielek et Preston Nichols qui rencontrent une forte audience auprès des tenants de la thèse conspirationniste. 

Tous deux affirment être les derniers survivants de l'expérience de Philadelphie. Ils auraient travaillé pour le compte de l'armée dans les bases souterraines de Montauk –un ancien camp militaire désaffecté- sur des projets impliquant des recherches sur les voyages spatiotemporels menées avec la bénédiction et l'apport technologique d'entités extraterrestres ainsi que sur la mise au point de programmes de contrôle de la pensée par les ondes électromagnétiques de basse fréquence.



Leurs récits, contestés par les milieux autorisés de la recherche ufologique, ont été popularisés par les conférences d'Al Bielek et par une demi douzaine d'ouvrages co-écrits par Preston Nichols et publiés par Sky Books; une petite maison d'édition fondée par Vince Barbarick alias Peter Moon

C'est là que l'on retrouve John Ford qui était parfaitement en phase avec les théories de Preston Nichols. 

Ils opéraient occasionnellement en team sur des dossiers chauds, traquant les preuves de crashs d'ovnis tout en dénonçant la duplicité des autorités politiques locales qui, selon eux, masquaient les faits par des mensonges et des pratiques mafieuses.


L'arrestation de John Ford



John Ford était le président du Long Island Ufo Network (LIUFON), une association sans buts lucratifs qu'il a fondé en 1984 avec Richard Stout . Ce dernier avait travaillé pour le département des voiries de la ville Brookhaven et avait pu constater les nombreux cas de mutilation animale découverts le long des routes nationales. 



Ford était un enquêteur très en vue sur le phénomène OVNI à Long Island mais peu apprécié par ses pairs pour ses vues conspirationnistes.

 Il faisait beaucoup de vagues et menait des enquêtes très méticuleuses au point qu'elles en devenaient quelque fois fastidieuses.

 Il n'avait par exemple pas peur d'affirmer que des ovnis avaient été abattus par l'armée dans la région grâce à une technologie secrète développée au sein du Brookhaven National Lab. (ndr : Une ancienne base militaire reconvertie en parc scientifique de renommée internationale pour les performances de son accélérateur de particules).

Preston Nichols, qui collaborait depuis quelques années pour le LIUFON en qualité de consultant scientifique, connaissait fort bien John Ford : “Il faisait souvent appel à moi pour l'aider dans ses recherches et cela plus particulièrement pour mesurer les champs électromagnétiques des sites où se seraient écrasés des OVNIS”affirme-t-il. 

Preston Nichols est convaincu qu'il était également une des cibles, si pas la principale, du “piège” tendu au président du Long Island Ufo Network . 

“J'avais rendez-vous avec John le jour même de son arrestation. J'étais sur le point de partir quand une femme qui ne s'est pas présentée m'a téléphoné de New York pour me prévenir de ne pas y aller car je risquais d'avoir des “ennuis”

Je l'ai prise au mot et je suis resté chez moi” nous confie-t-il. Effectivement, ce soir-là, le 12 Juin 1996, John Ford et deux autres personnes, Joseph Mazzuchelli et Edward Jabo également membres du LIUFON sont arrêtés et incarcérés par la police du Comté de Suffolk sous le chef de plusieurs inculpations différentes.

 La plus surprenante d'entre elles les accusait d'avoir projeté d'empoisonner John Powell , le président du parti républicain du Comté de Suffolk mais aussi une des personnalités politique les plus influentes de la région. Comment? En introduisant du radium dans son dentifrice.

 Le mobile de cette conspiration? Ford se serait mis en tête d'éliminer Powell sous prétexte que ce dernier maintenait d'une main de fer un “black out” total sur les étranges activités OVNI de Long Island. 

Il est tout de même étonnant de constater que, malgré le fait que les charges retenues contre John Ford soient particulièrement désopilantes et quasiment impossibles à réaliser, l'arrestation fit la une de toutes les télévisions new-yorkaise

C'était en quelque sorte la “big news” du moment mettant en scène un fou de la soucoupe, un “respectable” élu local et une substance radioactive. 

Un cocktail explosif pour des journalistes peu scrupuleux qui ne donneront aucune chance à John Ford.

 Il est évidemment difficile de prétendre que le gouvernement américain est en conflit avec certaines ethnies extraterrestres sans passer pour un illuminé de première classe aux yeux de certains.



Le montant de la mise en liberté provisoire de John Ford fut fixé à 500.000 $. C'est bien sur une somme énorme et il y a tout lieu de penser que James Catterson, le procureur en charge de ce dossier, savait qu'il ne pourrait pas la rassembler. 

Habituellement, quand quelqu'un est arrêté et soupçonné de meurtre, sa caution s'élève à environ 10.000 $. “Ford était seulement suspecté d'avoir eu l'intention de commettre un meurtre en introduisant du radium dans un tube de dentifrice. 

Une opération burlesque dans le meilleur des cas. Personne n'a été tué et personne non plus n'a pu croire qu'un tel stratagème aurait pu fonctionner, même s'il avait été mis en œuvre. 

Je connaissais suffisamment John pour savoir qu'il n'avait pas l'intention de tuer qui que ce soit” soupire Preston

Le procureur républicain Catterson a été réélu en 1996, en partie grâce au soutien de John Powell. Ce qui éclaire sans doute l'acharnement judiciaire du procureur envers Ford.

John Ford n'a pas été pris en flagrant délit, la seringue plantée dans la pâte dentaire familiale de Powell. Non, le bureau du procureur aurait été averti par un de ses informateurs (bien renseigné apparemment) d'un complot visant plusieurs hommes politiques de premier plan. 

Sur base de ces informations, le procureur décida de placer John sous écoute afin de le confondre.

 Le 12 juin, John Ford tomba dans une embuscade de la police qui enregistra une de ses conversations avec son informateur infiltré durant laquelle Ford plaisanta sur l'éventualité d'irradier le patron du parti conservateur.

 L'affaire était conclue et de plus l'arme du crime, le radium, fut découverte le même jour dans la voiture du conspirateur trop bavard.

 Imparable, mais à y regarder de plus près, on se demande sur quelles bases les services du Procureur ont décidé de faire surveiller John Ford, son casier judiciaire arborant la couleur immaculée des premières neiges de décembre. 

Le procureur Catterson n'a pas non plus formulé d'explications cohérentes sur le pourquoi et le comment d'une mise sur écoute qui peut-être considérée comme une atteinte à la vie privée si elle n'est pas précédée par une autorisation motivée par des suspicions fondées sur des éléments tangibles. 



Par ailleurs, la détention de radium, si elle est illégale, ne prouve pas pour autant que Ford voulait l'utiliser à des fin criminelles.

John se servait du radium pour calibrer son compteur Geiger, un outil qu'il utilisait lors de ses investigations. C'est Edward Zabo, un spécialiste en électronique qui avait travaillé pour le compte de la Navy et de Northrop Grumman, qui lui aurait procuré la substance illicite. 

Il possédait plusieurs « bombes » (ndtr : dans le sens container) de radium et avait insisté auprès de John Ford pour pouvoir en entreposer quelques unes chez lui. 

Certains parmi les proches de John Ford sont convaincus que Zabo, alors nouveau venu au LIUFON, n'était qu'un pion d'une sombre machination ayant permis l'inculpation de Ford.

L'inconsistance du dossier d'accusation ne constitua pourtant pas un obstacle pour le procureur qui n'hésita pas à décrire John Ford comme un “serial Killer” lors de ses briefings aux journalistes. 

Au cours d'une conférence de presse, James Catterson s'arrangea également pour exhiber une vidéo montrant l'intérieur de la maison de Ford ainsi qu'un large plan panoramique de son imposante collection d'arme à feu mais, curieusement, omit de préciser que John Ford collectionnait ces armes en toute légalité et qu'elles étaient toutes enregistrées

Le Procureur aurait voulu lui coller une étiquette de milicien du genre “secte Wacco” aux yeux des media qu'il ne s'y serait pas mieux pris.



John Ford était pourtant loin d'être inconnu des fonctionnaires de la Cour de justice du Suffolk pour laquelle il avait travaillé pendant plus de 20 ans comme officier de Cour (ndtr : une fonction qui regroupe les attributs du greffier et de l'huissier de salle) avant de tout plaquer, suite à un accident de travail, pour créer le LIUFON. 

Greffiers, juges, policiers ou avocats, il connaissait pratiquement toutes les personnalités du milieu pour les avoir côtoyées quotidiennement et s'y était fait beaucoup d'amis qui le considéraient comme “l'un des leurs”. 

On comprend dès lors la réticence des juges du Comté à s'emparer de l'affaire et qui se sont désistés les uns après les autres. 

L'un d'entre eux s'est finalement porté volontaire et il est particulièrement troublant de constater que non seulement ce juge a été nommé par la partie civile, c'est-à-dire John Powell, la fameuse cible du complot au dentifrice mais encore que ce juge ne se soit pas récusé, une pratique pourtant courante en pareille circonstance. 

Très curieusement John Rouse, l'avocat de Ford, refusa également de changer de juridiction. Un an plus tard, suite à l'examen psychiatrique de son client et malgré les réticences de ce dernier, Rouse insista pour plaider l'irresponsabilité mentale sous prétexte de gagner du temps pour préparer sa défense. 

Quoi qu'il en soit, après le verdict des psychiatres, John Ford n'avait plus vraiment le pouvoir de d'orienter sa défense ni même la possibilité de révoquer son avocat.

Il y a par ailleurs matière à se poser des questions sur le rôle joué par Me. Rouse car en plaidant l'irresponsabilité et en l'obtenant, il engageait Ford dans une impasse totale. 

Du fait de son statut d'irresponsabilité pénale, Ford n'avait plus accès à son compte en banque, ne disposait donc plus d'aucune autonomie, ne pouvait plus récuser son avocat et ses juges, changer de stratégie de défense, changer de juridiction ou même communiquer avec la presse. 

Une situation pire qu'une peine de prison que l'on accompagne toujours d'un sursis lorsque l'on est délinquant primaire (ndr : une première condamnation). 

Preston Nichols et Peter Moon se sont donc fort légitimement posés des questions sur la compétence ou la probité de l'avocat de Ford. Malheureusement, il n'y a plus rien à faire si ce n'est attendre le bon vouloir des psychiatres.


Le réquisitoire des psychiatres



John Ford fut examiné par deux psychiatres « certifiés ». Un premier rapport fut écrit par le Docteur Nicholas Aiello le 11 juillet 1997 qui a utilisé la méthode des questions-réponses, incluant l'observation du comportement psychologique et émotionnel du défenseur (ndr : c'est à dire Ford lui-même). 

Dans ce rapport, le Dr. Aiello déclare que John Ford comprend très clairement les charges retenues contre lui et les nie. En résumé, le praticien décrit John de la manière suivante :« M. Ford prétend avoir travaillé pour la CIA.

Le défenseur déclare qu'une partie des services du renseignement U.S. est aux ordres d'un groupe « très puissant » qui a plus de pouvoir que la Constitution des États-Unis : le « Majestic 12 », une police secrète qui surveille et maintient le secret sur tout ce qui touche le phénomène OVNI. 

Le défenseur prétend qu'Israël et 40 autres pays se sont unis au sein d'un « Consortium International » afin de contrer cette officine U.S. et qu'à cet effet, il a été engagé par le Renseignement israélien un an avant son interpellation. »



Ceci n'est qu'une partie du rapport psychiatrique mais on aura compris que les déclarations de Ford, qu'elle soient fondées ou non, ne peuvent en aucun cas jouer en sa faveur face à un psychiatre qui en a certainement colloqué plus d'un pour beaucoup moins que ça.

 Le Dr Aiello termine d'ailleurs son rapport par un diagnostic très prévisible : « De manière générale, M. Ford présente les signes de la dépression et de la paranoïa. Ceci a été vérifié par le test MMPI-2 (ndr : une grille d'interprétation permettant au praticien de vérifier quantité d'hypothèses cliniques).

 Sa mémoire est intacte et son intelligence est supérieure à la moyenne, cependant son discours concernant les faits présumés dont il est accusé relève du délire. Il a aussi des traits fortement paranoïdes, compulsifs et obsessionnels. Sa pensée est circonstanciée et se perd dans les détails. 

Il s'agit probablement d'une personnalité violente et rebelle. Étant donné que M. Ford n'est pas capable de communiquer sur son cas sans manifester un comportement délirant, je crois qu'il n'est pas capable de se défendre lui même. ».

 De l'expérience de John Ford, on pourrait en déduire que si l'on désire rester sain d'esprit aux yeux d'un psychiatre, il n'est pas utile de lui raconter ce qui pourrait dépasser son champ de perception habituel de la réalité.

Un deuxième examen fut effectué par le Docteur Navin Shah qui confirma le diagnostic de son confrère : « Dépression majeure accompagnée de comportements psychotiques ». 

Ses recommandations furent les suivantes : « Le patient est psychotique et ses tendances délirantes démontrent son incapacité à pouvoir assurer sa propre défense.

 Il est recommandé de placer John Ford sous la surveillance d'un praticien de la santé mentale pour un traitement psychiatrique interne».

En clair, un aller simple pour l'hôpital psychiatrique. « Bien sur, vous aussi souffriez d'un dépression majeure si vous aviez été incarcéré depuis longtemps pour des raisons douteuses

Les médecins ont tous deux confirmé que Ford se perdait dans les détails, c'est pourtant exactement ce qu'ils font en affirmant que ses dires sont imaginaires sans avoir réalisé un véritable enquête.

 Nous ne savons pas si les assertions de John sont vraies mais ce que nous savons c'est qu'il contrôlait méticuleusement ce qui devait l'être lors de ses enquêtes. 

Certains dossiers sur lesquels il a travaillé si dur depuis des années ont été confisqués et personne ne sait ce qu'ils sont devenus » s'insurge Preston Nichols

John Ford fut envoyé au Mid-Hudson Sanitarium, un établissement psychiatrique pour les prisonniers mentalement dérangés, un euphémisme pour parler de dangereux meurtriers désaxés. 



Un lieu d'où il n'est pas encore revenu à l'heure où nous écrivons cet article. (Note de T-E : l'article original date de 2004)  « John Ford ne méritait pas cet enfer qu'est la prison.

 Essayez de vous mettre à la place de John qui, pour les détenus, était une sorte de policier ressemblant à Elmer avec la voix de Daffy Duck et vous comprendrez. » gronde Alfred Lehmberg

« Les déclarations de John Ford sont peut-être vraies et si elles sont fausses il doit au moins avoir raison sur le fond. Elles demeurent néanmoins anecdotiques. 

Ce qui est important c'est que John Ford enquêtait sur un homme [John Powell] ; un criminel qui depuis longtemps avait des liens avec le crime organisé, donc quelqu'un qui ne peut pas faire l'objet d'une telle enquête. C'est injuste car c'est suspect. Son propre accusateur qui est un rouage [politique] très important dans le comté, a un passé entaché par la corruption.

 Ford en tant qu'officier de cour n'avait lui aucun antécédent judiciaire et a été torpillé par cette machination politique » soutient encore Lehmberg

A noter enfin, comble d'ironie, que le chef de file du parti républicain local, John Powell la soit disant victime du dentifrice maléfique de Ford a lui même écopé d'une peine de 27 mois de prison pour des faits d'extorsion et participation à une association de malfaiteurs en vue de perpétrer un vol

Depuis, Powell n'occupe plus de fonctions officielles dans le Comté de Suffolk mais par contre est maintenant libre et n'a pas été déchu de ses droits d'éligibilité.


La vérité selon John Ford



Ce qui suit ici ne fait évidemment pas partie des rapports circonstanciés des psychiatres. Peter Moon s'est entretenu à plusieurs reprises avec John Ford alors détenu dans une prison de New York. 

Avant d'être envoyé à l'hôpital psychiatrique, Ford raconta à Moon et à Nichols sa version des faits que nous avons synthétisée et remaniée pour les besoins de l'article. 

Nous avons inséré en italique des remarques de Preston Nichols sur certains aspects de la vie de John :

« Ford travaillait pour la CIA depuis l'âge de 19 ans et ses missions comportaient des opérations paramilitaires. Son intérêt pour l'espionnage remonte à l'époque où il fut, par erreur, contacté par les services secrets soviétiques qui recrutaient des étudiants politiquement engagés.

 Son job pour « l'Agence » consistait alors à observer les activités d'étudiants qu'il connaissait particulièrement bien à l'université de St John. 

Durant ses années « CIA », John menait une double vie comme “officier de cour” pour l'Etat de New York et comme informateur participant à des missions de contre espionnage. Son engagement pour l'Agence n'a pas été confirmé par la CIA mais jamais démenti non plus.

“Connaissant John comme je le connais, je n'ai aucun doute sur ce point, il était très patriotique. La même technique a d'ailleurs été utilisée sur moi quand j'ai travaillé au Brookhaven Labs. A cette époque nous étions tous jeune et facilement séduits par les sirènes du patriotisme” nous confie Preston Nichols. 

Affirmant avoir servi bénévolement par amour de son pays et donc sans engagement contractuel, John n'a malheureusement pour lui pas été en mesure de prouver ses dires.

Après s'être retiré de la CIA John Ford fonde le LIUFON. Quelques années plus tard, en 1995, un agent de la CIA qui avait lu ses articles sur le crash OVNI de South Haven Park l'avertit des risques considérables que lui faisaient courir ses investigations sur la chasse gardée de certains politiciens. 

Il faut savoir que John enquêtait avec obstination sur la cause des incendies qui ont ravagé Long Island qui, selon lui, avait un lien avec le crash d'une soucoupe volante abattue par des tirs de canon à particule près des bâtiments du département de la Défense.



 Il était résolu à prouver que les feux, qui avaient pris des proportions considérables, étaient non seulement une tactique de diversion du FBI pour récupérer le vaisseau en toute discrétion mais également une manœuvre de certains officiels du comté pour détruire des parcs naturels afin de les recycler en zones industrielles ou constructibles.

 John disait tenir ses informations de différentes sources militaires et du renseignement, mais c'est plus particulièrement un appel téléphonique d'un couple d'hypnothérapeutes professionnels, Gary et Dorothy Tritt , qui l'amena à réaliser cette enquête.

 Leur réceptionniste, Patty McDonnald , leur avait raconté les déboires d'un de ses amis, un vendeur de voitures d'occasion du nom de Steven Ferrer , qui lui avait confié que les incendies de cet été avaient été causés par la chute d'un OVNI à South Haven Park. 

Il lui raconta qu'en août 1995 il faisait de la moto randonnée dans les bois près de Riverhead quand soudain il entendit une explosion. Se dirigeant vers les lieux, il trouva un objet discoïdal encastré dans le sol

L'engin qui ressemblait à une soucoupe volante “classique” avait la taille d'une maison et ne semblait pas endommagé par l'impact mais dégageait une chaleur intense et la végétation aux alentours commençait à prendre feu. 



Ferrer appela directement son beau-frère, un agent du FBI, qui après en avoir référé à sa hiérarchie, reçu l'ordre d'inspecter les lieux.

 Ils allèrent tous les deux sur les lieux du crash et s'aperçurent que l'armée était déjà sur place. Le beau-frère montra son accréditation et ils furent autorisés pénétrer dans la zone avant de retourner au quartier général du FBI pour un débriefing. 

Mr. Ferrer nia pourtant les faits quand Steve Wicks , un journaliste du Newsday, lui téléphona pour obtenir confirmation du témoignage de Patty Mc Donnald mais admit avoir un beau-frère travaillant pour le compte du FBI. Ferrer aurait-il subit des pressions pour se taire?

Ce qui est certain c'est qu'après avoir enregistré le témoignage de Patty McDonald, John Ford se sentit particulièrement surveillé.

“Il faut dire que j'ai moi-même aidé John à se débarrasser d'un mouchard placé sur sa ligne téléphonique. Ce fut une période confuse et quelques membres du LIUFON ainsi que certains de ses proches sympathisants furent mis sous pression” précise Preston Nichols

“Gary et Dottie, par exemple, prétendirent être surveillés par une voiture banalisée et l'alarme de la maison de John fut déconnectée à trois reprises au moins. 

Deux jours avant l'interpellation de John, Tony Data, un enquêteur du LIUFON, fut impliqué dans un sérieux accident de voiture et Gary Levine, le président de la section new-yorkaise du Mutual Ufo Network (Mufon) fut mortellement renversé par un conducteur ivre alors qu'il enquêtait sur les témoignages d'un éventuel crash OVNI à New Lake Georges”rapporte encore Preston.

 L'événement le plus étrange de cette série mortelle concernait Franck Sidor, qui téléphona à la Hotline (ndtr : ligne d'appel gratuite pour les « urgences ») du LIUFON. 

Il leur expliqua que la nuit du crash de South Haven Park, il entendit par hasard le rapport d'agents de la police de la ville de Southold rapporter qu'un OVNI de grande envergure avait été observé à Peconic Bay vers 10 h du soir.

Franck Sidor tenta de se procurer un rapport détaillé par l'entremise de son cousin qui, fort opportunément, était le Shérif de Southold et donc bien placé pour lui répondre mais n'obtint pas satisfaction pour autant. 

Peu de temps après, Frank Sidor fut trouvé mort dans son lit. 

La police conclut son enquête en expliquant qu'il décéda d'une commotion cérébrale suite à un glissade dans sa baignoire mais bizarrement refusa de communiquer le rapport d'autopsie.

En février 1996, Joseph Mazuchelli, le co-conspirateur de l'opération dentifrice, devint membre du Long Island Ufo Network. 

Il se présenta comme un vétéran du Vietnam ayant servi chez les Marines au sein d'une unité des Forces Spéciales. Mazuchelli prétendait également avoir fait partie des « Pagans », un gang de motards hors-la-loi et se vantait des contacts qu'il entretenait avec des représentants de la loi et la mafia. 



En résumé, il disait que son oncle Mike n'était autre que le parrain d'une famille mafieuse de Colombo. Joseph Mazzuchelli n'était sûrement pas un ange -ses démêlés avec la justice l'avaient déjà conduit derrière les barreaux pour purger une peine de 3 ans- mais pour Ford, Mazzuchelli savait surtout captiver son auditoire pour mieux le manipuler et possédait une culture qui ne cadrait pas vraiment avec le délinquant qu'il prétendait être. 

Le voyant comme un agent infiltré, John Ford décida de jouer le jeu pour découvrir le dessous des cartes. Une erreur qui lui fut fatale.

Avec le temps, John et Mazzuchelli partagèrent plusieurs expériences difficiles qui les ont mutuellement rapprochés. 

L'une d'entre elles les impliqua dans une altercation avec des inconnus. Mazzuchelli avait emprunté la voiture de John Ford quand ces quatre inconnus, qui apparemment pensaient s'en prendre à Ford seul, l'ont sorti du véhicule pour le rouer de coups.

« Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé ici mais suite à cet événement, des liens d'amitiés se sont tissés entre les deux hommes et, avec le recul, il est évident que Mazzuchelli s'est appuyé sur cette expérience pour se rapprocher de John » suppose Preston Nichols.


Après cet incident, Mazzuchelli essaya d'impliquer John dans une vendetta dirigée contre ceux qui l'avaient battu et proposa de faire appel aux bons services de l'oncle Mike (l'oncle de Mazzuchelli, le fameux « parrain »).

 John Ford lui fit comprendre qu'il ne voulait pas prendre part à cette vengeance et encore moins être mêlé à la mafia. Mazzuchelli changea alors radicalement de registre. 

Il raconta à John de façon très théâtrale que tout ceci n'était qu'un test pour voir s'il participerait à des activités criminelles. Il avait prouvé son intégrité et il était maintenant prêt à entendre la vérité. 

Avec plus d'emphase encore, Mazzuchelli s'identifia lui même comme un lieutenant-colonel du Mossad, l'agence de renseignement israélienne. 



Il disait que ses supérieurs avaient attendu cinq années avant de vouloir intégrer John Ford et le LIUFON au sein d'une organisation regroupant les services de renseignement de quarante nations dont l'objectif était de contrer la désinformation planifiée par le gouvernement U.S. et cachant la nature de ses relations avec des entités extra-terrestres. 

« John Ford n'était pas stupide » ironise Preston, « même les psychiatres ont admis qu'il était loin d'être idiot. Il lui a demandé de prouver qu'il appartenait bien au Mossad et Mazzuchelli ne s'est pas fait prier. Il révéla alors certains évènements et divers incidents que seul John était supposé connaître.

 Le plus remarquable pour John fut qu'il [Mazzuchelli] était averti de son passé dans la CIA de même qu'il était capable de lui donner le nom du directeur de la section Nord-est de l'agence ainsi que son prédécesseur. Ford était complètement bouleversé» poursuit-il.

Mazzuchelli augmenta encore la pression sur Ford en poursuivant dans la même veine : « Vous êtes dans le collimateur de politiciens locaux agissant pour le compte du gouvernement fédéral. 
Par conséquent, nous avons accéléré nos efforts pour vous contacter afin de vous proposer de rejoindre notre réseau de chercheurs ».

 Le vétéran du Vietnam qu'était apparemment Mazzuchelli s'était maintenant transformé en agent très spécial missionné pour informer et recruter le directeur du LIUFON. 

L'intéressé enfonça le clou encore plus profondément en affirmant que les multiples accidents dont avaient été victimes Ford et Nichols étaient à mettre sur le compte de leurs investigations sur les incendies qui avaient dévasté les forêts de Long Island. 

Toujours selon Mazzuchelli, un vaisseau extraterrestre s'était bien écrasé dans le parc de South Haven et le préfet du conté de Suffolk, Bob Gaffney, avait été contacté par le gouvernement, lui ordonnant de mettre le feu autour de la zone du crash. 

Gaffney transmit l'information à John Powell qui lui même contacta Anthony Gazolla, le patron de la police de Brookhaven, pour faire le sale travail. 

Profitant de l'occasion, les politiciens élargirent le périmètre à incendier jusqu'au sud de la « Sunrise Highway » (ndtr : autoroute locale) dans le but de créer des opportunités d'investissements immobiliers profitant essentiellement, selon Mazzuchelli, à James Catterson (ndr : le procureur dans l'affaire Ford), Powell, Fred Towel et Carricola.

Pour Joseph Mazzuchelli, il n'y avait pas photo. Preston Nichols et John Ford étaient non seulement dans la ligne de mire de politiciens véreux mais surtout couraient un grave danger, la Maison Blanche ayant « placé » un « contrat » sur leur tête mais aussi sur d'autres ufologues déjà mentionnés dans cet article. 

«Il prétendait que ces assassinats avaient été commandités par le Vice-Président Gore ainsi que par Brown, le Secrétaire d'État au Commerce et ajoutait qu'une contre-offensive avait été menée sur la personne de Brown qui aurait été tué dans un avion, lui-même, abattu par un F16 au-dessus de la Bosnie.» soupire Preston.



Mazzuchelli avait également briefé John sur les standards de l'ufologie conspirationniste, expliquant que les « Gris » avaient signé un traité avec les Etats-Unis, que ces extraterrestres abductaient (ndtr : enlevaient) les gens et avaient infiltré le gouvernement américain dans l'intention de créer un Nouvel Ordre Mondial.

Finalement, quand il arriva à la fin de son exposé dramatique, il demanda à Ford de rejoindre le Mossad dans ses efforts pour révéler la vérité sur le phénomène UFO.

 John Ford accepta l' « offre » de Mazuchelli qui l'éleva au rang de Major dans les forces du renseignement israélien et affirma qu'il était maintenant protégé par l'immunité diplomatique. 

« Ce scénario ressemble à s'y méprendre à une escroquerie et il est évident qu'aucune immunité diplomatique n'a été accordée à John Ford. Bien sur, si Mazzuchelli avait prétendu être un agent du Mossad après avoir invité John Ford et ses potes à la pizzeria du coin, personne ne l'aurait pris au sérieux. Pour convaincre John, il a mis en œuvre un scénario incroyablement complexe.» nous dit Preston Nichols. 

Il nous explique encore que, Mazzuchelli proposa à Ford d'accepter l'aide financière du Mossad qui était disposé à verser dix millions de dollars au Long Island Ufo Network. 

Même si le montant de cette généreuse donation semblait sortir tout droit d'une série Z où le débarquement des Martiens en Normandie est un scénario parfaitement envisageable, John Ford ne pouvait rester indifférent à cette proposition. 

Effectivement, peu de temps avant le grand déballage de Joseph Mazzuchelli, Ford reçu un drôle de coup de fil d'un homme travaillant pour le compte d'un bureau d'avocat à Manhattan, et dont le client, Arthur Warren Klein, désirait lui parler d'un incident impliquant sa petite-fille âgée de 18 ans et victime d'une abduction.



L'avocat soutint que ce cas avait été soumis à Bud Hopkins qui plus tard démentit avoir eu le moindre contact avec M. Klein. 

L'homme termina la conversation en lui proposant un rendez-vous avec Klein et sa petite-fille à Southampton. John en discuta avec les membres du conseil d'administration du LIUFON qui lui supplièrent vainement de ne pas accepter tant ils redoutaient un coup monté

« Il n'y avait que Mazzuchelli pour trouver l'idée excellente. » s'énerve Preston. Klein envoya une limousine chercher Ford pour l'amener dans son superbe manoir où l'attendait un majordome qui le guida jusqu'à la terrasse. John y rencontra M. Klein, son fils Robert Klein et son avocat, John Gallagher

Klein lui montra les photos de sa petite-fille qui aurait été enlevée de sa maison en Arizona et retrouvée plus tard, perdue et déambulant nue dans le désert. Son corps avait été complètement rasé et six cicatrices circulaires étaient visibles autour de ses narines.



 Pour John Ford, il était évident qu'elle devait d'abord être examinée par un médecin et un psychiatre pour authentifier son histoire mais M. Klein n'était pas pressé de s'engager sur ce terrain et changea subitement le cours de la conversation. 

Il lui demanda des précisions sur les objectifs du LIUFON. M. Klein se dit impressionné par leur travail et désirait faire une donation.

 Il tendit à John un joli chèque certifié à l'intention du LIUFON d'un montant de dix millions de dollars. John refusa poliment l'enveloppe expliquant qu'il ne pouvait accepter cet argent sans d'abord en parler au conseil d'administration de l'association. 

Les membres du LIUFON ne firent évidemment pas confiance à M. Klein et déclinèrent l'offre.

Plus tard, John Ford composa, par curiosité, le numéro de téléphone indiqué sur la carte de visite que Gallagher qui lui avait donnée au cas où il changerait d'avis. 

Il découvrit que non seulement le numéro de téléphone n'était pas attribué, mais que le bureau d'avocat n'avait tout simplement jamais existé.

Pour Preston Nichols cet incident est forcément relié à la volte-face de Mazzuchelli.

  « La seule explication plausible est que John Ford s'est fait arnaquer. Une somme énorme avait été offerte sur un plateau d'argent. John pensait que si des inconnus étaient prêts à lui donner dix millions de dollars, pourquoi pas le Mossad ?» assure Preston qui ajoute encore « Mazzuchelli insistait lourdement pour nous convaincre, John et moi-même, que nos vie étaient en danger. 

Le thème majeur de son discours pouvait se résumer ainsi : John Ford devait avoir peur pour sa vie et il était là pour le protéger. »

Juste avant de se faire arrêter, John remarqua que Mazzuchelli avait souvent rendez-vous avec un lieutenant de la brigade des narcotiques de la police du Comté de Suffolk. Il lui donnait des informations sur des dealers.

 Quand John voulut savoir pourquoi un agent du Mossad travaillait comme indicateur, Mazuchelli lui expliqua que c'était une couverture qui lui permettait d'utiliser des contacts avec la police afin de réaliser certaines opérations que, seul, il ne pouvait mener. 

Il raconta à John Ford qu'il s'était infiltré dans le réseau des revendeurs de drogue qui étaient en affaire avec un certain Anthony Gazzola, le patron du parti conservateur de Brookhaven, ex-inspecteur en chef de la police de Brookhaven. Mazzuchelli prétendait que ce dernier protégeait ces dealers en échange d'une partie de leurs recettes. 

« Ce n'était pas nouveau pour John Ford, qui connaissait les liens de Gazzola avec la mafia et certains éléments corrompus du parti républicain du Suffolk » confirme Preston Nichols

« John Ford disait que Gazzola avait été contraint de démissionner à cause de ses liens présumés avec des mafieux et du fait de son implication dans le transport et la distribution de drogues sur New York. Gazzola ayant accepté de démissionner, les charges qui pesaient sur lui ont été abandonnées.

 En outre, il affirmait aussi que Gazzola avait lancé un réseau de prostitution à North Bellport et East Patchogue. John connaissait d'ailleurs personnellement une femme dont la fille, une fugueuse âgée de 16 ans, avait été contrainte par Gazzola à se livrer à la prostitution. 

Je pourrais encore ajouter que sur la foi d'informations publiée par le South Store Press en 1995, l'Inspecteur Gazzola rackettait des hommes d'affaire à Mastic Beach en leur demandant de payer pour être «protégés». 



Gazzola ne s'est jamais exprimé publiquement sur ces accusations et n'a jamais été poursuivi par le procureur » explique Preston qui insiste encore sur le point suivant « Ce que John ne savait pas à l'époque, c'est que Gazzola était un ami proche de Gary et Dorothy Tritt, le couple d'hypnothérapeute. 

Ceci indique clairement que John était victime d'un coup monté organisé par des politiciens liés à Mazuchelli et donc à la CIA ».

Finalement le piège se referma sur John Ford qui avait déjà subi plusieurs tentatives d'intimidations et reçu des menaces de mort quand il se laissa convaincre par Mazzucheli qu'il serait moins exposé en prison. 

Ce dernier s'arrangea donc pour qu'ils puissent tous deux êtres arrêtés pour des raisons absurdes afin de protéger la vie de Ford derrière les barreaux. 

« John Ford a marché dans la combine de Mazzucheli car le shérif du comté était un de ses amis et il se savait en sécurité avec lui. Malheureusement sa confiance s'est retournée contre lui. Il était incarcéré pour de bon et il n'y avait aucun plan pour le libérer » fulmine Preston.

Après l'arrestation, Mazzuchelli continua à jouer le grand jeu avec John en lui donnant de fausses informations sur la date de sa libération qui, on le sait, se fait toujours attendre. 

Cela ne l'a pas empêché de plaider coupable et de témoigner contre John Ford en échange d'un jugement indulgent : 9 ans pour conspiration. Après son transfert à la prison d'Attica, il disparu de la circulation.

 « Nous avons fini par retrouver la trace de Mazuchelli qui était en fait libre. Apparemment, quelqu'un avait payé une somme importante pour le sortir de prison. 

Personnellement, je n'ai jamais fait confiance en cet individu. Si Mazzucheli n'est pas un agent de la CIA, au vu des informations qu'il a pu obtenir sur John, il y est lié d'une manière ou d'une autre.

 La manœuvre de Mazzucheli était habile. Ne pouvant impliquer John dans des activités criminelles, il s'est arrangé pour que Ford s'accuse lui-même d'un délit inventé de toute pièce. » conclut Preston Nichols.


La vérité est ailleurs



John Ford a-t-il été emprisonné à cause de ses « révélations » sur les OVNIS et l'implication trouble d'hommes politiques voulant brouiller les pistes du « secret d'état » et, au passage, remplir leurs tiroir-caisse ? 

Cela semble absurde car enfin, qui aurait pu apporter le moindre crédit à un chasseur de soucoupes ? 

Pourtant, l'incroyable ingéniosité du scénario et les moyens quasi hollywoodiens apparemment déployés pour permettre l'arrestation de Ford semblent trop complexes pour simplement couvrir les maraudages de quelques élus locaux. 

Ce qui nous a également frappé c'est l'inertie du comité de soutien pourtant supposé venir en aide à Ford, informer le grand public et servir d'interface avec la presse. 

Il n'a pas une seule fois joué son rôle tout au long de notre reportage. John Ford n'a pas été en mesure de démontrer ses allégations devant un jury mais une telle accumulation de faits troublants, de corruption et de collusion entre le politique et le crime organisé laisse à penser que l'ufologue dérangeait le confort d'individus puissants. 

Qu'avaient-ils à cacher… ? 

La vérité est ailleurs, sous neuroleptiques, à l'hôpital psychiatrique de Mid-Hudson.

Karmatoo

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