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25 sept. 2015

Le sang des natifs ou le mythe de Thanksgiving



Il est révélateur que les gens continuent à célébrer la survie des premiers colons à Plymouth -- en remerciant le Dieu Chrétien qui a apparemment protégé et défendu l'invasion Européenne.

Le véritable sens de tout cela, aujourd'hui comme hier, doit être continuellement creusé. Les mythes et les mensonges qui planent sur le passé sont constamment utilisés pour couvrir les horreurs et les tortures du présent.


A l'origine, j'ai écrit cet article il y a 10 ans, et il s'est retrouvé dans plusieurs endroits et plusieurs publications, la plupart du temps lors des vacances [NdT: de thanksgiving]

Tous les écoliers aux Etats-Unis ont appris que les Pèlerins de la Colonie de Plymouth ont invité les Indiens de la région à fêter une moisson significative, après avoir survécu à leur première dure année sur la Nouvelle-Angleterre.

Mais la véritable histoire de Thanksgiving est celle du meurtre du peuple indigène et du vol de leur terre par des colonialistes Européens -- c'est aussi l'histoire de l'absence de pitié dans le capitalisme.
Au milieu de l'hiver en 1620, le vaisseau Anglais nommé le "Mayflower" se pose sur la côte Nord Américaine, délivrant 102 exilés Puritains. Les Natifs originels de ce morceau de plage avaient déjà été tués.




En 1614, une expédition Britannique avait accosté là. Ils sont partis en prenant 24 Indiens en tant qu'esclaves, et en laissant en échange la variole.

En 3 ans de peste, on estime qu'entre 90 et 96 % des habitants de la côte ont été décimés, et qu'en conséquence la plupart des villages ont été complètement détruits.

Les Puritains sont arrivés et ont construit leur colonie appelée "la Plantation Plymouth" près des ruines du village Indien de Pawtuxet. Leur source de nourriture était les champs de maïs abandonnés, un maïs qui avait poussé de manière désordonnée.

Un seul habitant de Pawtuxet avait survécu, il s'appelait Squanto -- il avait passé ces dernières années à travailler comme esclave pour les Anglais et les Espagnols en Europe.

Squanto parlait la langue des colons et leur apprit à planter le maïs, et comment attraper du poisson jusqu'à la première moisson. Squanto a aussi aidé les colons à négotier un traité de paix avec la tribu environnante Wampanoag, menée par le chef Massasoit.




Ce furent des coups de chance pour les colons. La première colonie en Virginie avait été anéantie avant qu'ils aient pu s'établir.

Grâce à la bonne volonté des Wampanoag, les Puritains non seulement ont pu survivre à leur première année, mais également ont formé une alliance avec les Wampanoags qui leur donnera près de 20 années de paix.

John Winthrop, un des fondateurs de la colonie du Massachusetts Bay, considérait cette vague de maladie et de mort comme étant un miracle divin.

Il a écrit à un ami en Angleterre, "Mais pour les natifs dans ces régions, Dieu les a tant pourchassé, que sur un espace de 500 km, la plus grande partie d'entre eux est balayée par la variole qui continue toujours à faire rage parmi eux.

Ainsi comme Dieu nous a pour cette raison donné tout droit sur cette terre, ceux qui y restent, étant en tout moins de 50, se sont mis sous notre protection."

L'impact mortel des maladies Européennes et la bonne volonté des Wampanoag ont permis aux Puritains de survivre à leur première année.





En célébration de leur heureuse fortune, le gouverneur de la colonie, William Bradford, annonça une fête de thanksgiving de 3 jours, après leur première moisson de 1621.

Comment les Puritains ont volé la terre

Mais la paix produite par la Fête de Thanksgiving de 1621 signifiait que les Puritains auraient 15 ans pour établir une tête de pont solide sur la côte. Jusqu'en 1629 il n'y avait pas plus de 300 Puritains en Nouvelle Angleterre, disséminés sur des colonies petites et isolées.

Mais leur survie inspira la confiance, et ainsi une vague d'invasion Puritaine établit bientôt des villes grandissantes dans le Massachusetts, au nord de Plymouth: Boston et Salem. Pendant 10 ans, des bateaux entiers de nouveaux colons arrivèrent.






Alors que le nombre des Européens grandissait, ils se révélèrent loin d'être aussi généreux que les Wampanoags.

A leur arrivée, les Puritains débattirent sur "le propriétaire légal de toute cette terre." Ils devaient en décider, non seulement à cause des traditions Anglo-Saxonnes, mais aussi parce qu'ils basaient leur agriculture particulière sur la propriété individuelle -- et non pas sur une propriété communautaire ou tribale.

Ce débat sur la propriété terrestre révèle que le "règne de la loi" bourgeois ne signifie pas "protéger les droits des masses du peuple".

Certains Puritains ont opiné que la terre appartenait aux Indiens. Ces forces furent excommuniées et expulsées.

Le gouverneur du Massachusetts, Winthrop, déclara que les Indiens n'avaient pas "dompté" la terre, et qu'en conclusion, toute terre non-cultivée devrait, selon la Loi Anglaise, être considérée comme relevant du "domaine publique". Cela signifiait qu'elle appartenait au roi.



John Winthrop (lien wiki)


En bref, les colons ont décidé qu'ils n'avaient pas besoin de consulter les Indiens lorsqu'ils s'appropriaient de nouveaux territoires, ils devaient seulement consulter le représentant de la couronne (c'est-à-dire le gouverneur local).

Les Puritains épousaient un verset des Psaumes 2:8. "Demande moi, et je te donnerai, le païen pour ton héritage, et les extrêmes parties de la terre pour ta possession."

Depuis lors, les états de colons Européens ont déclaré de manière similaire que Dieu était leur véritable agent immobilier : depuis les Boers prenant possession de l'Afrique du Sud jusqu'aux sionistes prenant possession de la Palestine.

Les immigrés Européens ont pris la terre et ont mis en esclavage les Indiens pour les aider à la cultiver. En 1637, il y avait environ 2,000 colons Britanniques.

Ils ont ensuite avancé à l'intérieur des terres et ont décidé d'en retirer les habitants.




La Ville Brillante sur la Colline

D'où sont venues les colonies de Plymouth et de Massachusetts, et qu'est-ce qu'elles voulaient vraiment ?

Le gouverneur Winthrop, un des fondateurs de la colonie du Massachusetts, a dit, "Nous serons tels une Ville sur une Colline, les yeux du peuple sont sur nous."


Les Puritains du Mayflower avaient été renvoyés d'Angleterre en tant que personnes subversives.

Les Puritains voyaient cette colonie religieuse comme un modèle d'ordre politique et social, que --pensaient-ils-- l'ensemble de l'Europe devrait adopter.

Le mouvement Puritain faisait partie d'une révolte importante à l'intérieur de la société Anglaise, contre l'ordre féodal dirigeant, celui des riches seigneurs.





Seulement quelques décennies après l'établissement de Plymouth, la Révolution Puritaine arrivait au pouvoir en Angleterre.

Ils tuèrent le roi, gagnèrent la guerre civile, mirent sur pied une république de courte durée, et conquirent brutalement le peuple voisin d'Irlande pour créer un marché national plus large.

L'intolérance connue des Puritains faisait partie d'un effort déterminé de défier la décadence et le gaspillage des seigneurs riches et aristocratiques d'Angleterre.

Les Puritains voulaient utiliser le pouvoir de la punition étatique pour déraciner de vieilles attitudes et façons de pensée, qui étaient toujours dominantes.

Les idées nouvelles des Puritains servaient les besoins de l'accumulation marchande capitaliste. La discipline extrême, la parsimonie et la modestie que les Puritains se demandaient correspondaient à une nouvelle forme émergeante de propriété et de production.





Leur soi-disante "Ethique Protestante" était une forme précoce d'éthique capitaliste. Depuis le début, les colonies Puritaines cherchaient à grandir à travers le commerce capitaliste -- échangeant le poisson et la fourrure avec l'Angleterre, tandis qu'ils échangeaient les pots, les couteaux, les haches, l'alcool et d'autres biens Anglais avec les Indiens.

Les colonies Puritaines étaient dirigées par un gouvernement dans lequel seuls les mâles des familles avaient un mot à dire. Les Femmes, les Indiens, les esclaves, les serviteurs, la jeunesse n'étaient jamais entendus ou représentés.

Dans les livres d'école Puritains, la vieille loi "honore ton père et ta mère" était interprétée comme une injonction à honorer "Tous nos Supérieurs, que ce soit dans nos Familles, nos Ecoles, nos Eglises, et notre Commonwealth."




Et, la vérité était que les colonies étaient contrôlées à la base par les marchands les plus puissants.

Les pères Puritains croyaient être le Peuple Elu d'un Dieu infini et que cela justifiait tout ce qu'ils faisaient. Ils étaient des Calvinistes qui croyaient que la grande majorité de l'humanité était destinée à la damnation.

Cela signifiait que bien qu'ils tenaient à combattre pour leur propre droit capitaliste à l'accumulation et à la prosperité, ils opprimaient rapidement les masses des peuples d'Irlande, d'Ecosse et d'Amérique du Nord, une fois qu'ils avaient pris le pouvoir pour créer leur nouvel ordre bourgeois.




Ceux qui rejetaient les strictes règles religieuses des colonies étaient souvent tout simplement expulsés "dans l'étendue sauvage".

La colonie du Massachusetts (au nord de Plymouth) fut créée lorsque les actionnaires Puritains prirent le contrôle d'une compagnie de commerce Anglaise.

Le roi avait donné à cette compagnie le droit de diriger ses propres affaires internes, et en 1629 les actionnaires ont tout simplement voté pour le transfert de la compagnie aux plages Nord Américaines -- faisant de cette colonie littéralement une compagnie d'actionnaires autonome.

Dans les écoles américaines, on apprend aux élèves que le Mayflower à Plymouth contenait les graines de la "démocracie moderne" et du "règne de la loi".

Mais si on regarde la véritable histoire des Puritains, on peut voir que cette soi-disante "démocracie moderne" était (et l'est toujours aujourd'hui) une démocratie capitaliste basée sur toutes sortes d'oppression et servant les intérêts de classe des dirigeants capitalistes.




En bref, le mouvement Puritain a commencé en tant que défi révolutionnaire précoce au vieil ordre féodal d'Angleterre.

Ils étaient l'âme de l'accumulation capitaliste primitive. Et transférés aux plages de l'Amérique du Nord, ils ont immédiatement révélé à quel point cette âme capitaliste était sans coeur et oppressive.

La naissance du "American Way of War" 

Dans la vallée du Connecticut, la puissante tribu Pequot n'avait pas formé d'alliance avec les Britanniques (tout comme les Narragansett, les Wampanoag, et les peuples du Massachusetts).

Au départ ils étaient loin des centres de la colonisation. Puis, en 1633, les Britanniques ont volé le territoire maintenant occupé par la cité de Hartford--un territoire que les Pequots avaient récemment conquis des mains d'une autre tribu.




Cette même année deux esclavagistes Britanniques furent tués. Les colons exigèrent des Indiens qu'ils livrent les coupables. Les Pequots refusèrent.

Les prêtres Puritains dirent, en citant la Bible, Romains 13:2, "Quiconque donc résiste au pouvoir, résiste à l'ordonnance de Dieu : et ceux qui résistent recevront la damnation pour eux-mêmes."

Les gouvernements coloniaux rassemblèrent une force armée de 240 personnes sous le commandement de John Mason. Ils furent rejoints par un millier de guerriers Narragansett.

L'historien Francis Jennings écrit : "Mason proposa d'éviter une attaque sur les guerriers Pequot, ce qui aurait dépassé ses troupes inexpérimentées et peu fiables.

La bataille, en tant que telle, n'était pas son but. La bataille n'était qu'un des moyens de détruire la volonté de combattre de son ennemi. Le massacre peut accomplir la même chose avec moins de risque, et Mason avait décidé que le massacre serait son objectif."

L'armée de colons encercla un village Pequot fortifié sur la Rivière Mystique. Au lever du soleil, tandis que les habitants dormaient, les soldats Puritains mirent le feu au village.





William Bradford, le gouverneur of Plymouth, écrit: "Ceux qui échappèrent au feu furent occis par l'épée; certains furent coupés en morceaux, et d'autres empalés à travers leurs rapières, et ainsi ils furent rapidement renvoyés et très peu s'échappèrent.

On a estimé qu'ils ont détruit environ 400 d'entre eux à ce moment. C'était un spectacle effrayant, de les voir ainsi frire dans le feu...horrible était la puanteur qui en sortait, mais la victoire semblait être un doux sacrifice, et ils rendirent des prières à Dieu, qui avait si merveilleusement travaillé pour eux."

Mason lui-même écrit : "On pourrait demander...Est-ce que les Chrétiens ne devraient pas avoir plus de pitié et de compassion ?





Mais...parfois les Ecritures déclarent que les femmes et les enfants doivent périr avec leurs parents... Nous avions suffisamment de lumière par la parole de Dieu pour nos procédures."

Trois cent cinquante ans plus tard, la phrase Puritaine "une ville brillante sur la colline" était devenue une citation favorite des rédacteurs de discours conservateurs.

La Découverte des profits de l'esclavage 

Cette soi-disant "Guerre contre les Pequots" n'était rien de plus qu'un meurtre unilatéral et une expédition esclavagiste. Plus de 180 personnes furent capturées.

Après avoir consulté la bible à nouveau, dans Lévitiques 24:44, les autorités coloniales trouvèrent une justification pour tuer la plupart des hommes Pequot et mettre en esclavage les femmes capturées ainsi que leurs enfants.




Seuls 500 membres de la tribu restèrent vivants et libres. 

En 1975, le nombre officiel de Pequot vivant sur le Connecticut était de 21.

Certains des prisonniers de guerre furent donnés aux Narragansett et aux alliés des Britanniques sur le Massachusetts.

Même avant l'arrivée des Européens, les peuples natifs de l'Amérique du Nord avaient largement utilisé la mise en esclavage et la prise en ôtage de prisonniers de guerre d'autres tribus.

Les prisonniers restants furent vendus aux colonies de plantation Britanniques dans les Antilles, pour travailler jusqu'à la mort, dans une nouvelle forme d'esclavage qui servait le marché capitaliste mondial naissant.





Et avec cela, les marchands de Boston firent une découverte historique : les profits qu'ils faisaient de la vente d'êtres humains remboursaient le prix de leur capture.

Un rapport déclare que l'esclavage des Indiens devint rapidement une "manie des spéculateurs".

Ces marchands capitalistes précoces du Massachusetts commençaient à rentabiliser le génocide.

Le commerce d'esclave, au départ des Indiens capturés et bientôt des Africains kidnappés, devint rapidement la moelle épinière du capitalisme marchand de la Nouvelle Angleterre.

Thanksgiving dans la Colonie de Manhattan

En 1641, le gouverneur Hollandais sur Manhattan, Kieft, offrit la première "prime pour scalp" -- son gouvernement donnait de l'argent pour le scalp de chaque Indien qu'ils recevaient




Gouverneur Kieft


2 ans plus tard, Kieft ordonna le massacre des Wappingers, une tribu amicale.

80 furents tués et leurs têtes tranchées furent frappées comme des ballons de foot dans les rues de Manhattan. Un prisonnier fut castré, écorché vif, et forcé de manger sa propre chair tandis que le gouverneur Hollandais le regardait en riant.


Puis Kieft embaucha le célèbre Underhill qui avait dirigé des hommes dans la guerre contre les Pequot, pour exécuter un massacre similaire près de Stamford, dans le Connecticut. On mit le feu au village, et 500 habitants Indiens furent passés à l'épée.

Un jour de Thanksgiving fut annoncé dans les églises de Manhattan. Comme nous le verrons les colons Européens déclarèrent des jours de Thanksgiving pour fêter les meurtres massifs plus souvent que pour la moisson et l'amitié.

La conquête de la Nouvelle Angleterre 

Vers les années 1670, il y avait environ 30,000 à 40,000 habitants blancs dans les Colonies Unies de Nouvelle Angleterre -- avec entre 6,000 et 8,000 capables de porter les armes.

Avec la destruction des Pequot, les colons du Massachusetts et de Plymouth se tournèrent vers les Wampanoag, la tribu qui les avait sauvés en 1620 et les avait probablement rejoint pour le premier Jour de la Thanksgiving.

En 1675, un Wampanoag Chrétien fut tué alors qu'il espionnait pour les Puritains. Les autorités de Plymouth arrêtèrent et exécutèrent 3 Wampanoag sans consulter le chef de la tribu, King Philip.





Comme disait Mao Tsetung : "Là où il y a oppression, il y a résistance." Les Wampanoag partirent en guerre.

Les Indiens pratiquèrent quelques leçons militaires qu'ils avaient apprises : ils menèrent une guerrilla qui surmonta les colonies Européennes isolées et furent capables d'infliger des pertes chez les soldats Puritains.

Les colons attaquèrent à nouveau et massacrèrent les plus importantes populations Indiennes.

La guerre terminée, on compta 600 hommes Européens, 1/11ième des hommes adultes dans les Colonies de Nouvelle Angleterre, tués dans les combats. 


Des centaines de maisons et 13 colonies avaient été complètement détruites. Mais les colons gagnèrent.




Avec leur victoire, les colons lancèrent un génocide total contre les Natifs restants. Le gouvernement du Massachusetts offrit une prime de 20 shillings pour tout scalp Indien, et 40 shillings pour tout prisonnier pouvant être vendu comme esclave.

Les soldats pouvaient mettre en esclavage toute femme Indienne ou tout enfant de moins de 14 ans qu'ils pouvaient capturer.

Les "Indiens qui Prient", c'est-à-dire ceux qui avaient été convertis au Christianisme et se battaient avec les troupes Européennes, furent accusés de tirer sur les cimes d'arbre pendant les combats avec les "ennemis".

Ils furent mis en esclavage ou tués. D'autres Indiens "pacifiques" de Darmouth et Dover furent invités à négocier ou à chercher refuge à des postes de commerce-- et furent vendus sur des bateaux d'esclaves.




On ignore combien d'Indiens furent vendus comme esclaves, mais lors de cette campagne, 500 Indiens mis en esclavage furent expédiés depuis Plymouth seul.

Des 12,000 Indiens dans les tribus environnantes, probablement une moitié est morte des combats, des massacres ou de la faim.

Après la Guerre de King Philip, il n'y avait presque plus d'Indiens laissés libres dans les colonies Britanniques du nord.

Un colon a écrit depuis la colonie de New York sur Manhattan : "Il n'y a à présent plus que quelques Indiens sur l'île, et ceux qui restent ne sont en aucune façon dangereux.

Il nous faut admirer l'étrangeté de leur diminution par la main de Dieu, depuis que les Anglais se sont établis dans ces régions."

Au Massachusetts, les colons déclarèrent un "jour de thanksgiving publique" en 1676, déclarant, "il reste à peine un nom ou une famille d'eux [les Indiens] qui ne soit pas occis, capturé, ou parti."

55 ans après le premier Jour de Thanksgiving, les Puritains avaient détruit les généreux Wampanoag et toutes les autres tribus voisines.

Le chef des Wampanoag, King Philip, fut décapité. Sa tête fut plantée sur un poteau à Plymouth, où le crâne y est resté accroché pendant 24 ans.

Les descendants de ces Natifs se trouvent partout où les marchands capitalistes Puritains ont trouvé des marchés pour les esclaves : les Antilles, les Açores, Algiers, l'Espagne et l'Angleterre.

Le petit-fils de Massasoit, le premier protecteur des Pèlerins, fut vendu comme esclave aux Bermudes.

Les fuyards et les rebelles 

Mais même la destruction de la vie tribale Indienne et la mise en esclavage des survivants n'amena pas la paix. Les Indiens continuèrent à résister par tous les moyens à leur disposition.

Leurs oppresseurs vivaient dans la terreur d'une révolte. Et ils cherchèrent des moyens d'en finir avec la résistance.

L'historien MacLeod écrit : "Les premières "réserves" furent créées pour les Irlandais 'sauvages' d'Ulster en 1609. Et le premier agent des réserves Indiennes en Amérique, Gookin du Massachusetts, comme de nombreux autres immigrés Américains, avait servi en Irlande sous Cromwell."

Les Indiens mis en esclavage refusèrent de travailler et s'enfuirent. Le gouvernement du Massachusetts essaya de contrôler les fuyards en marquant les esclaves Indiens : ils furent marqués au fer rouge, et des symboles furent tatoués sur leur front et leur joue.





Une loi du Massachusetts de 1695 donna aux colons la permission de tuer les Indiens à volonté, déclarant qu'il était "légal pour toute personne, Anglaise ou Indienne, trouvant des Indiens voyageant ou se déplaçant furtivement sur toute ville ou route (dans les limites spécifiées), de les amener sous leur garde ou examination, ou de les tuer comme ils le peuvent."

Les colons du nord mirent en place de plus en plus de lois pour contrôler le peuple. Une loi en Albanie interdisait à tout esclave Africain ou Indien de conduire une charrette à l'intérieur de la ville.

Des couvre-feux furent instaurés; Africains et Indiens furent interdits de se rassembler la nuit. Sur Block Island, les Indiens recevaient 10 coups de fouet s'ils sortaient après 9 heures du soir.




En 1692 le Massachusetts fit du mariage entre toute personne blanche et une personne d'origine Africaine, Indienne, ou tout personne métissée, un crime grave.

En 1706 ils essayèrent d'arrêter l'importation d'esclaves Indiens d'autres colonies, craignant une révolte.

On fait la fête ?

En regardant cette histoire, on se pose une question : Pourquoi quiconque devrait fêter la survie des premiers Puritains avec un Jour de la Thanksgiving ?

Certainement les Natifs de ces temps-là n'avaient aucune raison de faire la fête.

Un fait peu connu: Squanto, le soi-disant "héros" du premier Jour de la Thanksgiving, fut exécuté par les Indiens pour ses traîtrises.

Mais les pouvoirs dirigeants des Etats-Unis ont poussé les gens à fêter le Thanksgiving Day parce que c'était dans leur intérêt.

C'est pour cela qu'ils l'ont créé. La première fête nationale de Thanksgiving fut lancée par George Washington.

Et la fête devint un jour férié légal plus tard, à l'initiative d'Abraham Lincoln pendant la guerre civile (au moment même où il envoya des troupes supprimer les Sioux du Minnesota).



Washington et Lincoln étaient tous deux profondément impliqués dans la création d'un Etat-nation bourgeois unifié, à partir des colons Européens des Etats-Unis.

Et l'histoire du Thanksgiving était un mythe utile dans leurs efforts de construction de la nation des Etats-Unis.

Il fête la "bonté de la façon de vivre Américaine", tout en cachant la nature brutale de cette société. 

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