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22 oct. 2015

Tokyo Rose et la propagande impériale japonaise



Bien que le surnom de Tokyo Rose a été utilisé par les forces alliées pour décrire l’une de ces nombreuses femmes japonaises  diffusant en anglais de la propagande pendant la Seconde Guerre mondiale, le nom est devenu le plus étroitement associé avec Iva Ikuko Toguri.

En ce qui touche la familleToguri, il s’agissait d’une première génération américaine d’origine japonaise. Ses parents méthodistes Jun et Fumi Toguri, ne se souciaient que d’inculquer les traditions américaines, les valeurs, la culture et la langue à leurs quatre enfants.


Voulant que leurs enfants deviennent de vrais Américains, le couple a désapprouvé l’apprentissage de la langue et de la culture japonaise dans leurs enseignements.



À l’époque de ses compagnes de classe, aux USA.


Iva, ironiquement est née le 4 Juillet de 1916, mais  avait une éducation américaine normale. Iva faisait du sport, a rejoint les Girl Scouts locales et éprouvait des  battements de cœur pour Hollywood.

Après le lycée, Iva fit son entrée au Compton Community College, avant d’obtenir son diplôme en zoologie à l’Université de Californie Los Angeles (UCLA).

Sa vie comme une fille normale américaine a été bouleversée avec le mauvais état de santé de sa tante au Japon. En 1941, la jeune et naïve Iva a été expédié au  Japon pour s’occuper de sa tante malade.

Pas familière avec la nourriture, la langue et la culture, Iva a passé son temps dans un brouillard. Ignorant ce qui se passait en dehors du Japon ; Iva vivait dans un état d’oubli, jusqu’à ce que l’attaque sur Pearl Harbor vint la réveiller.

Après l’attaque, Iva étant incapable de retourner vivre aux États-Unis, elle fut violemment chassée de la maison de sa tante par des voisins en colère, à cause de son refus de renoncer à son passeport ; Iva trouva refuge dans une salle louée d’une pension de famille.



Tokyo Rose au travail.


Finalement, Iva trouva un emploi à l’agence de nouvelles nationales, Domei Tsushin Sha, où elle transcrivait les émissions de radio de langue anglaise.

Là, elle a rencontré son futur mari, un portugais du nom de Felippe D ‘Aquino. Cependant, en 1943, Iva tomba malade et elle fut transportée dans un hôpital, où elle a été traitée pour malnutrition et carence en vitamines.

Elle a du emprunter de l’argent pour couvrir ses frais médicaux, Toguri a  immédiatement commencé à chercher un emploi à plein temps pour payer sa dette.



Iva Toguri au micro d’une importante émission radiophonique, à Tokyo.


Elle accepta finalement un emploi avec Nippon Hoso Kyoka (NHK), une chaîne de radio très écoutée au Japon et dans toute l’Asie.

Iva fit alors sa première incursion dans le monde de Tokyo Rose. Elle fut présenté à l’officier australien capturé, le major Charles Hughes Cousens, Toguri bientôt appris que les autorités s’étaient intéressés à ses compétences en langue anglaise.

L’officier australien Cousens avaient été contraints par la force, de collaborer à l’effort de guerre japonais en développant un programme de propagande appelée  « Zero Hour ».

Comme il ne comprenait pas les nuances de la culture américaine, Cousens avait imaginé contourner astucieusement la stratégie de propagande des autorités japonaises en créant un programme qui était basé fortement sur le divertissement.



Durant la guerre du Pacifique, la popularité de Tokyo Rose fut tellement grande parmi les équipages qu’un B-29 fut baptisé en son nom.


Le principal geste de  Cousens  fut le  fait d’avoir recruté Toguri pour le programme  « Zero Hour ».

Il cherchait quelqu’un qui pourrait comprendre le sens ironique et les sarcasmes qu’il avait introduit dans la propagande destinée aux alliés. Deux autres camarades prisonniers de guerre étaient affectés à la tâche.

Après s’être plaints sur des « détails » de grammaire, les autorités japonaises leur ont permis d’écrire suivant leur propre méthode en utilisant le matériel qu’ils désiraient.

Iva prit le nom de Orphan Ann pour ses émissions de quinze minutes.

Rapidement, celle qui fut surnommée « Tokyo Rose » et qui ne se gêna pas de reprendre ce surnom qui lui plaisait, devint une célébrité non seulement dans tout le Pacifique, mais sa renommée alla même jusqu’en Europe.

On enregistrait dans les bureaux de surveillance alliés des ondes, ses émissions…, en ne manquant pas de faire des copies pour les amis, sur tout le territoire américain.

Le plan des « Alliés insérés dans la propagande japonaise », était de saboter cette action militaire, forcée de l’intérieur, au risque de perdre la vie. 

« Tokyo Rose » étant l’élément clé de ce « sabotage interne » de la propagande japonaise.



À la fin de la guerre, elle fut internée.


Plus tard, après son procès, d’anciens prisonniers se sont manifestés pour dire comment Toguri était une patriote américaine modèle et qu’elle avait continuellement fait de son mieux pour se faufiler avec de la nourriture et des fournitures diverses afin d’aider des « codétenus ».

Malheureusement, après la guerre, les États-Unis n’ont pas accepté Iva Toguri en tant que membre des forces alliées.

Au lieu de cela, ils ont persisté dans sa persécution pour son rôle en tant que diffuseur de propagande japonaise,sans évaluer l’ensemble de ce qu’elle avait fait durant toutes ces années de guerre.

On la jugea sans même retenir qu’elle risqua continuellement sa vie et que son courage sauva plusieurs vies. Son erreur a été de proposer de donner une interview exclusive au magazine Cosmopolitan.

Le 17 Octobre 1945, la désormais Mme Iva D’Aquino a été arrêtée et accusée de trahison. Son identité en tant que Tokyo Rose a été identifiée par un autre membre de la radio NHK, qui avait épousé une des autres femmes qui avaient participé à la diffusion de la propagande japonaise.

Pendant toute une année, Iva Toguri languira dans une petite cellule. Elle a finalement été libérée et sa bonne conduite inscrite sur l’évaluation de ses geôliers. 

Tout laissait à croire que les accusations de haute trahison  contre elle, avaient été abandonnées.



Son mari, Felipe d’Aquino, vint à sa rencontre lorsqu’elle fut relâchée de sa prison japonaise.


Son mari, M.D’Aquino avait essayé de parler à sa femme pour partir  avec elle au Portugal mais elle a toujours refusé, en attendant un passeport américain qui ne viendrait jamais.

Souffrant du stress de sa situation judiciaire et de celui d’une grossesse insécure, Iva a donné naissance à un garçon qui ne vivrait qu’une seule pauvre journée dans sa vie.

Le 5 Juillet 1949, Iva du subir son procès pour trahison. La preuve était incomplète pour le moins dire, et le jury est revenu avec un vote 01:10 en faveur de l’acquittement.

Pourtant, le juge de première instance n’a pas accepté cette décision et il a ordonné au jury de recommencer une nouvelle délibération. Le juge n’a pas voulu voir une fin de procès si coûteux se terminer par un acquittement, de sorte que le jury est revenu avec un verdict de culpabilité sur une accusation de trahison.

Cette charge a été faite parce que Iva avait utilisé un microphone pour diffuser sur les ondes, une nouvelle relative à la perte des navires américains lors de la bataille du golfe de Leyte aux Philippines.



Iva assise lors de son procès aux États Unis... pour haute trahison.


M. D’Aquino a reçu l’ordre de quitter les Etats-Unis et de ne jamais revenir.
Celui qui fut le grand amour d’Iva venait de la quitter définitivement.

Iva passa six ans de sa peine de dix ans dans une prison fédérale américaine.
Elle n’a jamais revu son mari et a vécu la plupart de ses autres années de travail dans la petite boutique de son père.

En 1977, elle a reçu un pardon du président Gerald Ford.



Les journaux en firent la une.


Rétrospectivement, son surnom de « Orphean Ann » aurait dû être un indice quant à son statut. Iva Toguri était une victime de la guerre, pris au piège dans un pays étranger, où elle a été contrainte de faire ce qu’elle a pu pour survivre.

Contrairement à d’autres Américains d’origine japonaise dans sa situation, qui avaient renoncé à leurs passeports américains, Iva Toguri aura tenu au sien jusqu’à la fin.

Au lieu d’être honorée pour son courage et sa ténacité pour garder son identité américaine dans un pays en guerre avec les Etats-Unis, elle a été étiquetée  comme une traître et condamnée par son pays qu’elle aimait tant.



Iva après le verdict de culpabilité. Ses avocats avaient tout tenté.


Dans ses émissions, les auditeurs pouvaient facilement détecter le sarcasme, l’ironie et l’absurdité qu’elle tentait d’introduire dans le spectacle.

Iva Toguri avait tenté de remplir le programme de 15 minutes avec tellement d’absurdités qu’il ne serait jamais pris au sérieux par les pilotes alliés lors de leurs longs vols de formation au-dessus du Pacifique.

Les programmes d' « Orphean Ann » ou de « Tokyo Rose » les divertissaient en les amusant, rendant leurs labeurs moins difficiles en leur apportant beaucoup de chaleur, dans leur coeur.

Ce fut la même chose pour les marins de la US Navy. Un jour un officier du renseignement trouva une photo d’elle et les nombreuses reproductions de cette photo firent un malheur.

Un concours organisé par des soldats sur une base en territoire américain, lui fit gagner les premiers honneurs de la femme la plus sexy de l’année 1944 ; ce qui enragea le haut commandement américain.

Ironie du sort, les militaires de la Seconde Guerre mondiale attendaient avec intérêt ses émissions et les jugèrent comme une distraction momentanée, à caractères humoristiques des réalités de la guerre.



De longues années perdues en prison.


Aucun officier, ni aucun militaire en opération n’a jamais pris au sérieux les émissions de propagande de la célèbre « Tokyo Rose » mais tout le monde l’aimait.



En 1956, elle sortait enfin de prison. Une nouvelle vie commençait.


Elle restera à jamais l’exemple très puissant que tout être humain peut s’adapter et vivre ne serait-ce que respectueusement sous n’importe lequel régime politique, même la plus cruelle des dictature.

Elle est l’exemple parfait que l’on peut être un ou une patriote d’un amour, d’une abnégation totale pour son pays chéri et être abandonné, méprisé et condamné par ce même pays.



Après l’intervention du président Gerald ford en 1977, elle refit sa demande de citoyenneté américaine.


Il existe dans l’histoire de l’humanité des êtres comme Tokyo Rose qui donnent leur vie et que les récits de leurs vies soient déformés par... les vainqueurs des guerres passées.

Le surnom de « Tokyo Rose » fut donné à au moins douze femmes  anglophones, chargées de diffuser par radio la propagande japonaise pour saper le moral des forces alliées.

Ce surnom est toutefois particulièrement lié à l’américano-japonaise Iva Toguri D’Aquino, la rose de Tokyo la plus connue et la plus chérie de l’histoire.

Ce surnom lui collera à la peau tant que les hommes auront en mémoire leur passé et qu’ils apprendront de leurs erreurs.

C’est durant les guerres que la vérité et l’impartialité a tendance à disparaître.



La photo de cette escadrille de B-17 fonçant vers le Japon évoque les milliers de vie que Iva Toguri (ou Tokyo Rose) aura sauvé par ses messages codés et ironiques à la radio japonaise.


La mort

Même sa mort est particulière !

Le 26 septembre 2006, Iva Ikuko Toguri D’Aquino (de son nom complet) est décédée seule et anonyme à l’Advocate Illinois Masonic Medical Center àChicago. 

La cause du décès n’a été signalé. Elle avait 90 ans. Probablement que celle qui a tant fait l’actualité par ces procès, a -t-elle été heureuse de partir de ce monde sans coeur, en inconnue et abandonnée de tous.

On peut imaginer sa sérénité dans les derniers moments de sa vie, en fermant les yeux .



L’Advocate Illinois Masonic Medical Center de Chicago... un hôpital appartenant aux francs maçons, dans une ville ou il y a mêmes des buffets maçonniques …dans un pays fondés par les francs-maçons !


Un mystère dans un mystère…Que vient faire Iva Toguri ici ? Un hasard ?

L’Advocate Illinois Masonic Medical Center de Chicago

Il s’agit de l’un des hôpitaux « privés » les plus luxueux appartenant à une grande loge franc-maçonne.

C’est en Illinois que Barack Hussein Obama s’élèvera aux plus hauts niveaux de la politique américaine.

Quels sont les liens entre le décès à 90 ans en 2006 de la célèbre Tokyo Rose (Iva Toguri D’Aquino), la vie qu’elle a vécue et... cet hôpital relié aux francs-maçons dans un état, l’Illinois qui verra apparaître au-dessus des fraudes et du mensonge le premier président noir qui devra son éducation au crime organisé indonésien ?
Étrange destinée !

Les autres « Tokyo Rose » et propagandistes de l’Axe

Avec les années, le nom de la célèbre Iva Toguri D’Aquino, mieux connue sous le surnom de Tokyo Rose a fini par personnifier à elle seule avec le nom du ministre de la guerre japonais Hideki Tojo, l’infamie de l’Axe dans le Pacifique.

Il s’agit de propagande politique mélangée avec des préjugés du terroir américain: on oublie tout, on se fie à la parole des autorités…en bon américain et on ne se pose pas de question avec le reste.

Après avoir atterri dans sa patrie ancestrale précisément au pire moment pour s’occuper d’une tante malade, elle avait été forcée par les circonstances de diffuser de la propagande pour les Japonais.

Elle et d’autres ressortissants alliés en captivité ont décidé de transformer leur épreuve sur sa tête, faisant délibérément un hachage de la propagande. 

Mme D’Aquino, qui avait une voix grave et un léger zézaiement, n’était pas ce que l’ennemi voulait: une méchante fille étouffant la voix  afin de taquiner  les auditeurs américains qui étaient loin de chez eux.



Gillars Mildred ou Axis Sally.


Avec une grande ferveur anti-japonaise  toujours  présente dans l’esprit des gens après la guerre, les grands médias et la pression politique appliquée à la condamnation  de « Tokyo Rose ».

Le procès pour trahison avaient commencé par Gillars Mildred, l’américaine connue sous le nom de « Axis Sally » pour ses émissions pro–nazi de Berlin, l’Américain William Joyce, connu sous le nom de « Lord  Haw–Haw » pour ses messages de propagande radio lancées vers l’Angleterre à partir de l’Allemagne au cours cours de la guerre.



Cette photo de Gillars Mildred sur une plage d’Allemagne faisait rêver autant les soldats allemands que les pilotes alliés.


Cette photo était même vendue sous le manteau, dans l’armée américaine.

Gillars a été emprisonné ; Joyce fut pendu.

Le cas de Madame Iva d’Aquino semblait très différent. Les rapports du général Douglas MacArthur et  du Corps de contre-espionnage de l’armée avaient indiqué qu’elle n’avait en fait rien fait équivalent à de la trahison dans ses émissions.

Mais Walter Winchell, la puissante personnalité des ondes de l’Époque l’attaqua vivement et la Légion américaine fit pression sans relâche pour qu’elle puisse être inculpée.



En 1948, Gillars Mildred fut condamnée après un long procès.


Mme D’Aquino, une femme aux cheveux de jais avec une face de lune tendre, était la seule des femmes surnommées « Tokyo Rose » arrêtée par les autorités américaines après la capitulation japonaise. 

Elle a été reconnue coupable de trahison après qu’un juge fit pression sur un jury ,devant  l’impasse à rendre un verdict.



William Joyce en compagnie de sa femme Margareth fut condamné à mort.


«Je suppose qu’ils ont trouvé quelqu’un, ils ont fait le travail et ils étaient tous satisfaits», a t-elle dit plus tard, au programme de Nouvelles CBS «60 Minutes».
«C’était eeny, meeny, miney et j’ai été « moe », dit-elle alors.

Elle a purgé une partie de sa peine de prison, a vécu tranquillement à Chicago et progressivement observait que les gens ont pris son cas pour une réhabilitation.

Après que le témoignage contre elle a été discrédité, le président Gerald R. Ford lui pardonna en Janvier 1977, en tant que l’un de ses derniers actes en fonction.

La naissance, l’enfance et l’appel au Japon

Née d’ immigrés japonais à Los Angeles, le jour de l’indépendance ,en 1916, IvaIkuko Toguri menait la  vie confortable d’un enfant de la classe moyenne. 

Son père était propriétaire d’une petite entreprise et il a tenté de les assimiler à la culture anglaise et américaine ; c’est ainsi que  sa fille a grandi en ne  parlant pas japonais.

Elle a assisté à une église méthodiste, a joué au tennis et piano et a apprécié la randonnée et la musique swing. 

Au cours de ses années d’école, elle « était une étudiante populaire et a été considéré comme une Américaine  loyale» (ce que le site Web du FBI dit d’elle).

Elle a pris soin de sa mère, qui  est handicapée par le diabète, et espère poursuivre une carrière en médecine. 

Elle est diplômée de l’Université de Californie à Los Angeles en 1941 avec un diplôme en zoologie.

Quand une tante au Japon est devenue gravement malade, elle a été invitée par la famille  à venir au Japon, afin de lui donner des soins .

 Mme D’Aquino n’a pas eu le temps de faire une demande de passeport, mais le Département d’Etat américain lui a donné un certificat d’identification qui lui a permis de voyager.

En arrivant au Japon en Juillet 1941, elle était devant divers problèmes : Elle ne parlait la langue et ne pouvait digérer la nourriture. 

Elle a dit avoir « détestée le riz »et avoir commandée une pleine boîte de chocolat, de café et de viande en conserve pour éviter de manger la cuisine locale, telle est décrite son histoire dans les Chroniques du Journal des Vétérans de la Seconde Guerre Mondiale.

Piégée au Japon

C’est après l’attaque surprise des Japonais sur Pearl Harbor, le 6  décembre 1941, qu’elle ne pouvait plus quitter le Japon. Face à la pression des autorités du gouvernement japonais, elle a refusée de renoncer à sa citoyenneté américaine. 

Les autorités japonaises l’avaient marquée, avec des milliers d’autres Américains d’origine japonaise au Japon à l’époque,  venant d’un pays ennemi et on lui a refusé une carte de rations alimentaires .



Rare photo existante du major Shigatsugu (à gauche) responsable de la propagande et « patron désigné » de Charles Hugues Cousens (à droite) et de Iva Toguri.


Les autorités ont refusé de la placer avec d’autres ressortissants étrangers, comme elle l’avait demandé et à la place, elle se trouve sous la surveillance constante et le harcèlement par la Kempeitai (ou police militaire).



Charles Cousens, l’officier australien qui animait les émissions de Radio Tokyo avec Iva Toguri.


Elle était aussi sans l’aide de sa tante et de son oncle qui l’a jetée hors de leur maison quand elle a commencé à exprimer des sentiments pro-américains.

Elle a trouvé un emploi de bureau à l’ambassade du Danemark et enseigna le piano. Elle a enduré plusieurs séjours à l’hôpital pour malnutrition , béribéri et troubles gastro-intestinaux.

Elle a empruntée de l’argent auprès d’amis, dont un sympathique Portugais du nom de Filipe d’Aquino, qu’elle épousa en 1945.

Elle est devenue une dactylo à Radio Tokyo et bientôt allait travailler dans un bureau avec, entre autres, le diffuseur australien Charles H. Cousens , qui avait été capturé à Singapour et contraint de devoir lire la propagande la plus révoltante sur un programme appelé « Zero Hour ».

En échange de suivre  le script approuvé par les japonais, Cousens  s’arrangea  pour lire les noms des prisonniers de guerre, dont il espérait que cela  aiderait  les familles alliées.

Pendant ce temps, Mme D’Aquino apportait  de la nourriture et des vêtements pour ravitailler  les diffuseurs alliées.

Lorsque les autorités du poste de radio ont insisté sur la présence d’une femme à la radio, Cousens recommanda Mme D’Aquino, dont il est venu à admirer après s’être rendu compte qu’elle n’était pas un agent secret de la Kempeitai.

Après qu’elle a commencé à émettre en Novembre 1943, elle et Cousens essayèrent de tourner les émissions en farce.

« L’embauche de Mme D’Aquino, avec sa « voix de brouillard (gin fog voice) », était l’idéal » dit Cousens plus tard .

 « Compte tenu de mon idée de faire de ce programme un burlesque complet, c’était juste ce que je voulais », a-t-il ajouté .

Les responsables de la propagande japonaise  , qui étaient extrêmement  incompétents, ne   ressentaient  ni ne comprenaient rien de  leurs nuances et de  leurs doubles sens .

La Durée moyenne de Mme D’Aquino sur chaque programme était d’environ 20 minutes, pendant lesquelles elle a présenté les dossiers populaires de la journée, parfois avec un clin d’oeil phonétique : 

«Alors, être sur ses gardes, et l’esprit des enfants n’entendent pas tous ensemble d’accord ? Voilà le premier coup à votre moral – ‘! Strike up the Band ». 

Pour les oreilles japonaises, elle a été très efficace et les responsables des bureaux ont repoussé ses nombreuses tentatives de quitter le travail. 

Extatique à la conclusion de la guerre en 1945, elle s'est de nouveau retrouvée désespérée pour survivre dans une misérable économie d’après-guerre. 

Elle a demandé un passeport américain,parce qu’elle n’avait pas renoncé à sa citoyenneté, mais elle a fait une erreur de jugement en essayant de capitaliser sur la gloire de son « Rose Tokyo ».

Un écrivain avec le magazine Cosmopolitan a offert de payer 2000 $ – une fortune à l’époque – si elle voulait signer un contrat comme « la seul et unique » Tokyo Rose. 

Mais les rédacteurs du magazine l'ont dupé en tenant une grande conférence de presse qui a sabordé l’exclusivité et libéré le Cosmopolitan de toute obligation financière.

Mme D’Aquino a eu le plaisir de toute l’attention, au premier abord. Elle pensait que les journalistes grégaires étaient des admirateurs qui ont compris ses intentions de nuire délibérément à la propagande qu'on lui a demandé de diffuser. 

Elle ne savait pas que le journaliste du Cosmopolitan avait pris son histoire à l’armée et qu'il avait affirmé que c’était les « aveux » de Mme D’Aquino.

Les retombées de la renommée

En Octobre 1945, les responsables de l’armée l’ont arrêtée et l’ont détenue pendant un an dans une cellule de 6 par 9 pieds à la prison de Sugamo à Tokyo. Elle avait le droit à une visite de 20 minutes de son mari tous les mois et de se laver tous les trois jours.



Pendant son emprisonnement, elle a appris que sa mère était morte. Elle a été maltraitée par les gardiens qui ont gardé les lumières dans sa cellule jusqu’à ce qu’elle allait signer un autographe.

Toutefois, aucune accusation n’a été portée contre elle et elle a été libérée.
Elle est tombée enceinte à la fin des années 1940 et a cherché à retourner aux États-Unis pour voir naître son premier enfant .

Dans un état affaibli de son séjour en prison, elle a perdu le bébé peu après sa naissance.

Certains de ses pairs alliées à la station de radio ont été disculpés dans leur pays d’origine y compris Cousens mais le climat politique aux États-Unis avait tourné laid.

Les émissions constantes de Winchell évoquant son rôle pendant la guerre ont conduit à sa nouvelle arrestation en 1948.

Ramenée aux Etats-Unis sur un bateau de troupe, elle a fait face à un procès à San Francisco l’année suivante. Elle avait été absent pendant huit ans.



En 1949, cette photo nous la montre escortée vers la prison.


Cousens et autres connaissances alliées ont témoigné en sa faveur. Le cas de l'accusation reposait en grande partie sur le témoignage d’un témoin oculaire de deux de ses collègues à  « Zero Hour » .

L’accusation selon laquelle Mme D’Aquino était d’avoir prétendument dit dans une émission en  1944 :

 « Orphans of the Pacific, vous êtes vraiment orphelins maintenant. Comment allez-vous rentrer à la maison maintenant que vos navires sont coulés ? ».

Une émission qui a été diffusé peu après la victoire des Alliés contre le Japon dans le golfe de Leyte près des Philippines a été considérée avec scepticisme à l’époque mais a été utilisée contre Mme D’Aquino dans son procès en 1949.

Après que le jury, entièrement blanc fut dans l’impasse, le juge leur a demandé de continuer à débattre parce que le procès avait été « long et coûteux ». Le procès de 13 semaines a coûté 750.000 $.

Ce qui serait inconstitutionnel de nos jours.

Huit chefs de trahison , elle a été condamnée à un pour avoir parlé  « dans un microphone concernant la perte des navires ».

Elle était la septième personne dans l’histoire américaine à avoir été reconnue coupable de trahison selon le FBI.

Elle a été dépouillée de sa citoyenneté américaine et a reçu une peine de 10 ans de prison et une amende 10.000 $. 

Elle a été envoyée à la prison pour femmes fédéraux à Alderson, Virginie-Occidentale, où elle a dit avoir passé de nombreuses heures à jouer au bridge avec Gillars  Mildred «Axis Sally ».

Libérée  après six ans pour bonne conduite, Mme D’Aquino a tranquillement travaillé à se disculper.

D’ici là, sa vie personnelle s’était écroulé. Son mari  n’est venu à sa défense au cours du procès que d’être intimidé en signant  un accord pour  ne jamais plus rentrer aux États-Unis. 

Leur séparation a eu lieu parce qu'elle a refusé de quitter les Etats-Unis et celà a conduit à leur divorce irrémédiable.

Après sa sortie de prison, elle s’installe à Chicago et travaille avec son père dans une petite boutique d’importation pour payer l’amende après des menaces répétées par le ministère de la Justice.

Les pétitions ont commencé à circuler pour son exonération mais peu a été fait au niveau de l’exécutif jusqu’à ce que les bulletins de nouvelles ont commencé à remettre en question le témoignage qui a conduit à sa condamnation.



Ken. Oki... celui qui fut à l’origine de la condamnation.


Kenkichi Oki, un collègue de  « Zero Hour » qui avait témoigné contre Mme D’Aquino a déclaré au Chicago Tribune qu’il « n’avait pas le choix » de témoigner contre Mme D’Aquino en raison de menaces de la part du FBI.

Le président du jury a dit aux journalistes qu’il a senti la pression du juge et a souhaité qu’il « avait un peu plus de courage de rester avec son vote pour l’acquittement ».



Le pardon de Gérald Ford en 1977.


Après avoir été gracié par Ford en 1977, sa citoyenneté a été restauré. Elle a dit qu’elle regrettait que le pardon est venu près de quatre ans après la mort de son père. Elle a décrit la réaction de son père à ses expériences:

«Tu étais comme un tigre, vous n’avez jamais changé vos rayures, vous êtes resté américaine à travers et à travers ».

Jusqu’à sa mort, elle a vécu dans l’anonymat ,mais bienvenue à Chicago, se laissant  aller à des plaisirs tels que la courtepointe et des concerts au Chicago Lyric Opera.



Des milliers de gens gardent ce beau souvenir d’une jeune femme souriante qui aimait la vie.

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