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9 janv. 2016

Les derniers secrets de l'Île de Pâques et l'écriture « rongo-rongo »


« Il est au milieu du grand océan, dans une région où l'on ne passe jamais, une île mystérieuse et isolée.

Aucune terre ne gît en son voisinage et, à plus de huit cents lieues de toutes parts, des immensités vides et mouvantes l'environnent.

Elle est plantée de hautes statues monstrueuses, oeuvres d'on ne sait quelles races aujourd'hui disparues, et son passé demeure une énigme ». (Pierre Loti)


La découverte


L'île de Pâques, est l'îlot le plus oriental de toute la Polynésie à près de 2000 milles marins de la côte chilienne. Son isolement. à l'écart des grandes routes marines fut la cause qu'elle resta si longtemps inconnue des navigateurs européens.

Le 5 avril 1722 au soir du dimanche de Pâques l'amiral hollandais Jacob Roggeveen et sa flotte aperçoivent une terre inconnue. Il nomme l'ile minuscule "Paasch Eylandt" soit "l'île de Pâques".



Jacob Roggeveen (1659-1729)



Le débarquement eut lieu le lendemain matin, mais le premier contact avec la population fut gâché par une tuerie. Une dizaine de Pascuans sont tués pour s'être livrés au pillage sur les navires... 

Roggeveen reprend son voyage le 10 Avril à la recherche du continent austral, but véritable de son voyage.

Sa courte visite lui permet de voir les gigantesques statues dressées sur la côte, et son récit dévoile à l'Europe, l'existence d'une île étrange peuplée de statues colossales.



Et ce n'est que cinquante ans plus tard en Décembre 1770, que les Pascuans distinguent de nouveau, des voiles à l'horizon. Il s'agit cette fois-ci de deux navires espagnols commandés par Don Felipe Gonsalesy Haedo.

Les Espagnols prennent possession de l'île purement et simplement au nom de sa Majesté, le Roi d'Espagne Carlos III. Elle est alors rebaptisée Isla San Carlo.


Et puis, le 14 mars 1774, le fameux capitaine Cook, fait escale à l'île de Pâques, lui aussi à la recherche du fameux continent austral. 

Ses deux navires la "Résolution" et "l'Adventure" mouillent alors dans la baie de Hanga Roa.

La rencontre avec les Pascuans est identique, ils sont amicaux, mais terriblement chapardeurs et s'emparent de tout ce qu'ils trouvent sur les navires. Aussi James Cook décide de repartir dès le troisième jour pour éviter un regrettable incident...


L’expédition de La Pérouse


Louis XVI demande alors à La Pérouse d'entreprendre une grande expédition dans les mers du Sud pour "découvrir les terres ayant échappé au capitaine Cook".

C'est ainsi que "l'Astrolabe" et "la Boussole" jettent l'encre le 9 avril 1785 dans la baie de Hanga Hoa.




Comme pour les autres navires, les Pascuants montent à bord et s'y livrent au pillage.


Mais, finalement les rapports sont sans heurts et les femmes pascuanes sont une aubaine pour l'équipage, ce qui fait dire à La Pérouse :

« Quant aux femmes, je n'ose me prononcer si elles sont communes à tous ...Il est certain qu'aucun indien ne parait avoir aucune femme et , si c'est le bien de chacun, ils en sont très prodigues ».

Néanmoins, La Pérouse est le premier à visiter l'île de fond en comble, à examiner le sol, les plantes, les cultures, la population, les monuments, les statues...   



Durant cette exploration, Monsieur de Langle, accompagné de plusieurs officiers et du jardinier des « Jardins du Roi de France », sèment des graines, de choux, de carottes, de betteraves, du maïs, de citrouilles, d'orangers et de citronniers  tandis que des "chèvres, des moutons et des cochons" sont offerts comme présents aux habitants.

Monsieur de Bernizet, le géographe de l'expédition, relève avec précision les plans des monuments et des grandes habitations collectives.

Mais la flotte de La Pérouse disparaît mystérieusement en 1788. Ce n'est qu'une trentaine d'années plus tard, que l'on retrouvera les traces du naufrage aux « îles de Santa Cruz ».



Heureusement, Monsieur de Lesseps, lors d'une escale au Kamtchaka le 7 septembre, ramena le journal de La Pérouse. L'autre partie fut envoyée, plus tard de Botany Bay en Australie.



Fin de la civilisation pascuane


La cohorte des expéditions suivantes, notamment celles des chasseurs d'esclaves, déciment la population de l'île. Les « négriers » enlèvent les hommes et les femmes pour les revendre comme esclaves.

Un millier de Pascuans sont ainsi capturés, soit plus de la moitié de la population de l'île en 1862. 



L'évêque de Tahiti, Monseigneur Tepano Janssen, intervient alors auprès du Gouverneur de Lima pour que cesse ce trafic criminel d'esclaves destinés aux carrières de guano du Pérou, où la plupart meurent en quelques années.   


Les missionnaires arrivent alors au secours des Pascuans. Mais, s'ils parviennent à calmer l'ardeur des négriers, leur zèle évangélique contribue à la destruction totale des archives du passé.

En 1870 le missionnaire Hyppolite Roussel, découvre aux mains des derniers habitants, des tablettes de bois recouvertes de signes gravés, d'une écriture inconnue. On les appelle « Kohau Rongo Rongo », c'est-à-dire « Bois Parlants ».

Hélas, cette découverte fut fatale aux archives de la civilisation pascuane. Les missionnaires donnèrent l'ordre de détruire toutes les tablettes "Rongo Rongo", qui existaient sur l'île.





On retrouve là encore le zèle iconoclaste qui avait animé les missionnaires qui ont détruit tous les vestiges écrits des civilisations Aztèques et Incas.

A ce Jour, il n'existe plus guère qu'une trentaine de Rongo Rongo dispersés de par le monde, entre les musées et les collections particulières, dont un important lot à Braine-le-Comte en Belgique.


Le mystère de l’écriture Rongo Rongo


Les pictogrammes gravés sur les tablettes représentent des personnages, des objets utilitaires : des poissons, lézards, singes, oiseaux, pagaies, etc... stylisés.





Le nombre de caractères est de l'ordre de cinq cents environ. Il s'agit donc d' une écriture idéographique, et non d'une écriture alphabétique ou purement syllabique.

En dépit des contestations, cette écriture s'apparente d'une façon frappante avec l'écriture dite « proto-indienne » de la vallée de l'Indus (Cette écriture peut être datée au minimum de 2600 à 3000 ans avant Jésus Christ) .

Malheureusement, toutes les études faites sur l'écriture de la civilisation harappéenne du Penjab, notamment celle de Mohenjo-Daro, n'ont pu être déchiffrées à ce jour !

On ignore donc l'âge de ces tablettes " Rongo Rongo", de ces bois parlants, qui ne sont pas originaires de l'île de Pâques et ceci, pour la simple raison, que leur bois n'existe pas sur l'île ! 



Alignées en rang, ou éparses sur le flancs des colines dans un désordre mystérieux, l’énigme des Moai faisant face à la mer et aux étoiles, n’a pas fini de nous faire rêver...



Le seul bois dur disponible est celui dont on a fait les statuettes des fameux "hommes-oiseau", les dieux des ancêtres, sculptées dans le bois de "Toromiro" (sophora toromire) qui tend à disparaître définitivement.   

Les traditions locales se contredisent, l'une dit qu'elles ont été importées par les premiers colons venus sur les pirogues du chef Hotu-Matua, l'autre affirme qu'elles ont été gravées dans l'île même, d'après des documents anciens aux mains des envahisseurs polynésiens.

L'écriture de ces bois gravés découverts sur l'île de Pâques est unique en son genre. Il s'agit, comme pour le grec ancien, d'un "boustrophêdon", mais inversé, les lignes impaires sont orientées de gauche à droite, les lignes paires de droite à gauche, et chaque signe est placé la tête en bas.  



Il semble que les indigènes aient su lire les "Kohau Rongo Rongo", jusque vers le milieu du siècle dernier, avec la mort du dernier grand chef en 1860 tout juste avant l'arrivée des missionnaires...

Depuis, la tradition est perdue à jamais, comme toutes celles détruites de la même manière, comme les hiéroglyphes égyptiens ou mayas, par exemple...

Un fait est certain, c'est que l'écriture des tablettes "Kohau Rongo Rongo" offre une telle similitude avec l'écriture proto-indienne de la vallée de l'Indus, encore non déchiffrée, qu'il n'est pas possible de douter d'une relation évidente entre les deux.



Les pictogrammes gravés sur les tablettes représentent des personnages, des objets utilitaires, des poissons, des lézards ou des caïmans, des singes, pagaies, oiseaux stylisés, etc.... Il s'y trouve même des éléphants ! 


Or, les singes et les éléphants étaient totalement inconnus sur l'île de Pâques ... 

Non, seulement les envahisseurs de l'île de Pâques sont venus de l'ouest, mais ils sont certainement originaires de l'Asie sud-orientale comme le laisse à penser la présence de ces animaux inconnus en Polynésie.

On affirme même que cette écriture est à l'origine de toutes les écritures et même de l'une des plus anciennes, l'écriture chinoise !


Une des tablette "Rongo-Rongo"




Mata kiterani, les yeux qui regardent les étoiles...


Depuis les débarquements des envahisseurs polynésiens jusqu'aux marins européens, ce sont "les statues de l'île de Pâques", les moai , qui ont laissé la plus forte impression à tous les visiteurs....

Mata Kiterani, de leurs grands yeux aux orbites vides, ces immenses têtes regardent le ciel et donnent l'impression de scruter les étoiles d'où sont venus, il y a des millénaires, ces dieux qui ont laissé tous ces témoignages...



ll y a peu, on a retrouvé les yeux disparus. Sur le site d'Anakena des yeux brisés sur le sol et reconstitués coïncidaient exactement avec les orbites vides des statues.


Tous les Moai avaient des yeux en os, ou en vertèbres de requins, avec une incrustation d'obsidienne ou de corail pour la pupille. Les têtes sculptées des Moai sont d'une impressionnante majesté.

Leur hauteur varie en général de quatre mètres à six et huit mètres. La plus grande se trouve sur la côte nord sur l'Ahu Te Pito Te Kura, et elle mesure plus de dix mètres de haut et son poids est estimé à plus de 85 tonnes.



Ce qui est le plus frappant, c'est que toutes les têtes sont comparables à des têtes de Vikings, avec une barbe ! Elles n'ont rien a voir avec les Polynésiens ou les Pascuans, leurs successeurs....

Dans ce faciès, aucune caractéristique des originaires polynésiens, il s'agît de nez aquilins, de lèvres fines, de fronts hauts, bref, il est bien évident qu'elles furent sculptées, il y a des milliers d'années par un peuple totalement différent et étranger aux envahisseurs maoris.

Par ailleurs, les primitifs qui s'installèrent sur l'île n'étaient pas en mesure de sculpter des monolithes aussi imposants, avec des outils très rudimentaires en leur possession, pierre taillée, os, bois, etc...

Jusqu'au XlXe siècle, les habitants de l'île étaient des tribus guerrières, anthropophages, qui se livraient encore aux sacrifices humains, avec des connaissances technologiques très réduites...



Les têtes géantes, les Moai, sont presque toutes disposées au bord des falaises et elles font toutes face à la mer.  


On ignore totalement, eu égard à leurs poids et à leur taille, malgré les hypothèses les plus délirantes, comment elles furent déplacées de leur carrière ?   

Il en existe encore une quantité qui sont couchées dans la pierre où elles ont été taillées, mais non déplacées, et encore solidaires de la roche.

Des centaines de statues gisent, éparses, au pied des pentes herbeuses du volcan Rano Raraku où elles sont encore emprisonnées dans la pierre...


Sur cet îlot de 117,900 km2 des Moai gisent près des ahu et dans la carrière du volcan Rano Raraku culminant à près de 150 mètres.  

Toutes ces sculptures ont été abandonnées à différents stades de leur fabrication. Certaines sont à peine ébauchées, d'autres presque finies, d'autres achevées et finement travaillées semblent prêtes à être enlevées...



Leur taille moyenne varie entre cinq et sept mètres, La plus gigantesque occupe toute l'arête de la montagne sur plus de trente mètres de long où elle est encore sertie dans la roche. Elle aurait pesé entre 135 et 150 tonnes ! Mystère... 



Pour seule explication, la légende


On se demande pourquoi ces très lointains ancêtres se sont donnés autant de mal pour sculpter ces gigantesques têtes de pierre, et pour abandonner leur ouvrage brutalement, alors inachevé ?


On se pose la question, d'ailleurs, pour tous les monuments cyclopéens qui ont été édifiés par les lointains ancêtres, comme pour toutes les pyramides, par exemple ?

Les légendes racontent que le fameux, « Mana » , cette force comparable à la lévitation permettait de déplacer des charges considérables, telles que les statues, après leur finition au pied du volcan Rano Raraku.

Les géants de pierre étaient ainsi acheminés, parfois à plus de dix kilomètres de distance...

« Tuu Ko Ihu » ordonnait alors aux statues de "marcher", jusqu'au lieu qui leur était destiné.   



Enfin, pour donner vie à la statue, il fallait la coiffer d'un énorme cylindre de tuf volcanique rouge, le "pukao", sorte de chapeau terminé par un bouton conique.

Beaucoup de statues furent basculées par les différents envahisseurs, et en 1834, l'amiral Dupetit-Thouars sera le dernier européen à contempler les statues dressées sur leur plate-forme.

Le mystère des têtes de l'île de Pâques, dressées par un peuple inconnu, il y a des milliers d'années, bien avant l'arrivée des Polynésiens, reste une véritable énigme.



Source : Fabrice Bardeau, Top secret n°10/Artivision


A lire également sur le savoir perdu des anciens :


Le Remix de l'Histoire






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2 commentaires:

  1. Article intéressant. Il faut comprendre que le savoir des anciens ne diffère pas vraiment les uns des autres. Tout est cyclique dans l'univers. Il y a d'abord l'évolution puis l'involution ( n'existe pas mais l'inverse de l'évolution ) ce qui explique la disparition de civilisations hautement spirituelles qui déclinent à un moment. Malgré tout, on peut y retrouver ces savoir dans les écrits actuels comme le Coran ou la Bible mais les responsables religieux ne veulent pas que ce savoir se sache. Je vous donne quelques exemples : Le chiffre 7 qui est une loi universelle se retrouve partout, les 7 jours de la semaine ( lundi=lune, mardi=mars, mercredi=mercure, jeudi=jupiter, etc soit les influences des astres sur la terre), mais on le retrouve dans les 7 chakras, d'où la couronne Christique que l'on retrouve sur beaucoup de représentations, mais aussi dans le Coran avec le 7 ème ciel qui se retrouve donc comme le chakra coronal. Et c'est aussi pourquoi on le retrouve sur le candélabre juif à 7 branches mais aussi dans l'apocalypse de Jean quand il écrit aux 7 églises.
    Je vais m'arrêter la car il y a tellement de choses à expliquer, mais le savoir des anciens n'est pas réellement perdu mais occulté essentiellement par une "élite" et celle ci cherche à ne pas dévoiler les secrets sous peine de perdre la capacité à contrôler les choses. N'y voyez pas du complotisme parce que je pense que ces gens sont trompés, mais je peux affirmer que la décadence occidentale, matérialiste, égo-centrée, apeurée, etc est bien une création de toutes pièces, bien éloignée de ce qu'est la vie en réalité. Permettez moi de donner un dernière avis : Je pense que notre modèle sociétal actuel reflète le déclin final car elle n'a fait qu'épuiser ses propres ressources par intérêt personnel mais la... on a presque tout épuisé.
    En tous cas ce site est très intéressant. Merci

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  2. Ouoaoo... article très intéressant. Et tout à fait l'opposé de ce que l'école républicaine a voulu m'apprendre.
    Bien d'accord sur le fait que, si il y a un début à toute chose , alors il y a une fin.
    C'est mathématique.

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