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11 janv. 2016

Quand le Comte de Buffon parle de "la mer libre"



Après quelques recherches sur Google, nous avons trouvé de superbes références sur le comte de Buffon.

On découvre alors que Buffon était un ami de Voltaire, traducteur des textes de Newton, et qu'il fut également un industriel en construisant ce que l'on appelait à l'époque des forges, à Châtillon-sur-Seine.





Son ouvrage "L’histoire naturelle générale et particulière" , en 36 volumes parus de 1749 à 1789, fut l’un des plus retentissants succès de librairie au XVIIIe siècle. Ouvrage décliné en anthologies plus ou moins richement illustrées, pour les grands et pour les petits, il y inclut tout le savoir de l’époque dans le domaine des sciences naturelles. Buffon fut élu le 23 Juin 1753 à l'Académie Française.

Voici  la couverture du livre en question :


La digitalisation de l'ouvrage faite par le CNRS , nous permet d''extraire des pages 215 à 220, les paragraphes très intéressants suivants (l'orthographe est d'époque) :



                                 PREUVES DE LA THEORIE DE LA TERRE.

                                                      ARTICLE VI.

                                                     GEOGRAPHIE.




Page 215 et suivantes: 



.....On trouve une grande quantité de ces glaces flottantes (les icebergs) dans la mer du nord, surtout à quelque distance des terres ; elles viennent de la mer de Tartarie dans celle de la nouvelle Zemble & dans les autres endroits de la mer glaciale. 





J’ai été assuré par des gens dignes de foi, qu’un Capitaine Anglois, nommé Monson, au lieu de chercher un passage entre les terres du nord pour aller à la Chine, avoit dirigé sa route droit au pole & en avoit approché jusqu’à deux degrés ; que dans cette route il avoit trouvé une haute mer sans aucune glace, ce qui prouve que les glaces se forment auprès des terres & jamais en pleine mer .


Car quand même on voudroit supposer, contre toute apparence, qu’il pourroit faire assez froid au pole pour que la superficie de la mer fût glacée, on ne concevroit pas mieux comment ces énormes glaces qui flottent, pourroient se former, si elles ne trouvoient pas un point d’appui contre les terres, d’où ensuite elles se détachent par la chaleur du soleil. 






Les deux vaisseaux que la Compagnie des Indes envoya en 1739 à la découverte des terres australes, trouvèrent des glaces à une latitude de 47 ou 48 degrés, mais ces glaces n’étoient pas fort éloignées des terres, puisqu’ils les reconnurent, sans cependant pouvoir y aborder. 


Voyez sur cela la carte de M. Buache, 1739. Ces glaces doivent venir des terres intérieures & voisines du pole austral, & on peut conjecturer qu’elles suivent le cours de plusieurs grands fleuves dont ces terres inconnues sont arrosées, de même que le fleuve Oby, le Jenisca & les autres grandes rivières qui tombent dans les mers du nord, entraînent les glaces qui bouchent pendant la plus grande partie de l’année le détroit de Waigats, & rendent inabordable la mer de Tartarie par cette route, tandis qu’au delà de la nouvelle Zemble & plus près des poles où il y a peu de fleuves & de terres, les glaces sont moins communes & la mer est plus navigable . 








En sorte que si on vouloit encore tenter le voyage de la Chine & du Japon par les mers du nord, il faudroit peut-être, pour s’éloigner le plus des terres & des glaces, diriger ssa route droit au pole, & chercher les plus hautes mers, où certainement il n’y a que peu ou point de glaces . 


Car on sait que l’eau salée peut sans se geler devenir beaucoup plus froide que l’eau douce glacée, & par conséquent le froid excessif du pole peut bien rendre l’eau de la mer plus froide que la glace, sans que pour cela la surface de la mer se gèle, d’autant plus qu’à 80 ou 82 degrés, la surface de la mer, quoique mêlée de beaucoup de neige & d’eau douce, n’est glacée qu’auprès des côtes. 


En recueillant les témoignages des voyageurs sur le passage de l’Europe à la Chine par la mer du nord, il paroît qu’il existe, & que s’il a été si souvent tenté inutilement, c’est parce qu’on a toûjours craint de s’éloigner des terres & de s’approcher du pole, les voyageurs l’ont peut-être regardé comme un écueil.




Cependant Guillaume Barents qui avoit échoué, comme bien d’autres, dans son voyage du nord, ne doutoit pas qu’il y eût un passage, & que s’il se fût plus éloigné des terres, il n’eût trouvé une mer libre & sans glaces. Des voyageurs Moscovitesenvoyés par le Czar pour reconnoître les mers du nord, rapportèrent que la nouvelle Zemble n’est point une isle, mais une terre ferme du continent de la Tartarie, & qu’au nord de la nouvelle Zemble c’est une mer libre & ouverte. 


Un voyageur Hollandois nous assure que la mer jette de temps en temps sur la côte de Corée & du Japon, des baleines qui ont sur le dos des harpons Anglois & Hollandois. Un autre Hollandois a prétendu avoir été jusque sous le pole, & il assuroit qu’il y faisoit aussi chaud qu’il fait à Amsterdam en été. 






Un Anglois nommé Goulden, qui avoit fait plus de trente voyages en Groenland, rapporta au Roi Charles II que deux vaisseaux Hollandois avec lesquels il faisoit voile, n’ayant point trouvé de baleines à la côte de l’isle d’Edges, résolurent d’aller plus au nord, & qu’étant de retour au bout de quinze jours, ces Hollandois lui direntqu’ils avoient été jusqu’au 89me degré de latitude, c’est-à-dire, à un degré du pole, & que là ils n’avoient point trouvé de glaces, mais une mer libre & ouverte, fort profonde & semblable à celle de la baye de Biscaye, & qu’ils lui montrèrent quatre journaux des deux vaisseaux, qui attestoient la même chose & s’accordoient à fort peu de chose près. 


Enfin il est rapporté dans les Transactions philosophiques que deux Navigateurs qui avoient entrepris de découvrir ce passage, firent une route de 300 lieues à l’orient de la nouvelle Zemble, mais qu’étant de retour la Compagnie des Indes qui avoit intérêt que ce passage ne fût pas découvert, empêcha ces Navigateurs de retourner.




Voyez le Recueil des voyages du nord, page 200. Mais la Compagnie des Indes de Hollande crut au contraire qu’il étoit de son intérêt de trouver ce passage ; l’ayant tenté inutilement du côté de l’Europe, elle le fit chercher du côté du Japon, & elle auroit apparemment réussi, si l’Empereur du Japon n’eût pas interdit aux étrangers toute navigation du côté des terres de Jesso. 


Ce passage ne peut donc se trouver qu’en allant droit au pole au-delà de Spitzberg, ou bien en suivant le milieu de la haute mer, entre la nouvelle Zemble & Spitzberg, sous le 79 degré de latitude : si cette mer a une largeur considérable, on ne doit pas craindre de la trouver glacée à cette latitude, & pas même sous le pole, par les raisons que nous avons alléguées . 


                        Carte de Gérard Mercator : Sur les quatre fleuves seul celui de droite ne gèle jamais  .


En effet, il n’y a pas d’exemple qu’on ait trouvé la surface de la mer glacée au large & à une distance considérable des côtes, le seul exemple d’une mer totalement glacée est celui de la mer noire, elle est étroite & peu salée, & elle reçoit une très-grande quantité de fleuves qui viennent des terres septentrionales & qui y apportent des glaces, aussi elle gèle quelquefois au point que sa surface est entièrement glacée.






Même à une profondeur considérable, &, si on en croit les historiens, elle gela du temps de l’Empereur Copronyme, de trente coudées d’épaisseur, sans compter vingt coudées de neige qu’il y avoit par dessus la glace : ce fait me paroît exagéré, mais il est sûr qu’elle gèle presque tous les hivers, tandis que les hautes mers qui sont de mille lieues plus près du pole, ne gèlent pas ; ce qui ne peut venir que de la différence de la salûre & du peu de glaces qu’elles reçoivent par les fleuves, en comparaison de la quantité énorme de glaçons qu’ils transportent dans la mer noire.





Ces glaces, que l’on regarde comme des barrières qui s’opposent à la navigation vers les pôles & à la découverte des terres australes, prouvent seulement qu’il y a de très-grands fleuves dans le voisinage des climats où on les a rencontrées, par conséquent elles nous indiquent aussi qu’il y a de vastes continents d’où ces fleuves tirent leur origine, & on ne doit pas se décourager à la vûe de ces obstacles . 



Car, si l’on y fait attention, l’on reconnoîtra aisément que ces glaces ne doivent être que dans de certains endroits particuliers, qu’il est presqu’impossible que dans le cercle entier que nous pouvons imaginer terminer les terres australes du côté de l’équateur, il y ait partout de grands fleuves qui charient des glace, & que par conséquent il y a grande apparence qu’on réussiroit en dirigeant sa route vers quelqu’autre point de ce cercle... 



Fin de citation.





Conclusion 






Il est tout de même curieux que Buffon soit déjà vers 1850, au courant de cette affaire incroyable de Mer libre et que de nos jours, les médias qui ont pignon sur rue, n'en parlent jamais. 

Il nous appartient donc, pour vérifier les dires de Buffon, de tout faire pour retrouver les écrits du Capitaine anglais Monson qui s'est approché à deux degrés du pôle Nord, pour y trouver une haute mer sans aucune glace. 

A cette époque, il y avait eu aussi ( Hélas Buffon n'a pas cité son nom) un certain hollandais (à déterminer avec précision ) qui a affirmé avoir été jusqu'au ras du pôle et qu'il y faisait aussi chaud qu'à Amsterdam en été. 



Enfin on devrait aussi trouver la trace de cet anglais nommé Goulden, qui mentionne dans un écrit au roi Charles II, l'affaire de deux vaisseaux hollandais qui auraient été jusqu'au 89° de latitude nord, et qui disent que là, ils n'avaient point trouvé de glace, mais une mer libre, ouverte et fort profonde.



Source : Artivision 

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