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11 sept. 2016

Le Château de Corail d’Edward Leedskalnin


Si vous avez été sensible comme moi à l’univers étrange et merveilleux du cinéaste Tim BURTON, qui réalisa entre autres « Edward aux mains d’argent », alors l’histoire du Château de Corail risque fort de vous intéresser, non seulement pour son côté artistique mais également pour le mystère lié à son élaboration.





A propos du film «Edward aux mains d’argent», j’ai longtemps cru que son réalisateur s’était inspiré d’une nouvelle d’Alphonse DAUDET "L’Homme à la Cervelle d’Or " extraite de son ouvrage le plus célèbre « Les Lettres de mon Moulin » . En effet, aussi bien dans le récit de DAUDET que dans le film de BURTON, les deux protagonistes étaient victimes de leur générosité et de la cupidité de leur entourage.

Je me demande maintenant si une histoire vraie n’est pas venue en fait titiller l’imagination du réalisateur : celle d’un autre Edward - Edward LEEDSKALNIN – qui allait consacrer une bonne partie de sa vie à construire de ses seules mains un château de corail, dans le but, paraît-il, d’accueillir une famille, qui n’allait finalement exister que dans ses rêves. D’autant plus que l’esthétique du Château de Corail, de par ses formes insolites et poétiques, n’est pas sans rappeler la vision artistique de Tim Burton.



« J’ai découvert les secrets des pyramides ; j’ai découvert comment les Egyptiens et les constructeurs antiques au Pérou, au yucatan et en Asie, avec seulement des outils primitifs, ont soulevé et placé des blocs de pierre pesant un nombre considérable de tonnes. » 

Voici ce que déclara Edward Leedskalnin pour expliquer la construction de son incroyable parc de roche. Avait-il en effet redécouvert le secret de la lévitation pour déplacer les blocs de corail ? Telle est la question intrigante qu’ont pu se poser tous ceux qui avaient visité le Château de Corail.

Même si je n’ai pas eu l’occasion de visiter physiquement ce site et de ressentir par moi-même la magie qui imprégne ces lieux, l’outil Internet m’a permis de combler en partie ce manque grâce aux nombreux articles que lui ont déjà consacré de nombreux sites WEB américains. A ma connaissance, l’histoire du Château de Corail n’a fait l’objet jusqu’à maintenant d’aucun récit en langue française. Une lacune qui sera comblée avec l’article que vous allez maintenant découvrir.




La genèse.


Edward LEEDSKALNIN ( 1886 – 1951 ) , originaire de Lettonie, était un célibataire venu aux Etats-Unis en 1920 après avoir été rejeté par sa fiancée la veille de son mariage. « Trop vieux, trop pauvre « aurait-elle prétexté. La Rock Star Billy IDOL a d’ailleurs écrit une chanson « The Bonbon Seize « pour évoquer cet amour perdu.

Cet échec sentimental allait devenir la hantise de sa vie et afin, sans doute, de ne pas l’oublier, Leedskalnin entreprit ces constructions dans la roche de corail, qui allaient lui prendre environ 20 ans, de 1920 à 1940. C’est du moins ce que les guides du Château racontent actuellement aux nombreux visiteurs.

Mais avant de commencer son œuvre fantastique, Leedskalnin travailla d’abord, semble-t-il en tant que charpentier au Canada puis comme rassembleur de bétail en Californie et au Texas. Touché par la tuberculose, il rechercha un climat plus chaud et s’installa en Floride juste après la première guerre mondiale dans la ville de Florida City où il acheta un terrain. Il se mit alors en tête de tailler un château de corail qu’il voulut dédicacer à Agnès SKUVST, son ex-fiancée affectueusement surnommée « Bonbon Seize « ( ? en français ).

Après avoir extrait de gros blocs dans la roche de corail qui se trouvait dans la propriété d’un voisin sous une mince couche de terre végétale, il commença par sculpter une chaise puis une table et enfin un château entier. Son plan consistait, pour certains, à devenir si célèbre par l’intermédiaire de son château , qu’Agnès Skuvst, entendrait parler de lui et reviendrait à lui. Ce qui ne fut pas le cas , au moins pour le retour de son ex-fiancée.





Beaucoup d’hommes ont construit de leurs mains leur propre maison mais, chez Leedskalnin, le choix des matériaux de construction est justement ce qui rendit son entreprise si incroyable. A l’aide d’outils fabriqués généralement à partir de pièces automobiles, il a découpé et déplacé des blocs énormes de roche de corail, pesant parfois jusqu’à 30 tonnes et pouvait les mettre en place avec une exactitude étonnante sans l’aide de la moindre machine conventionnelle. 


Et c’est là où réside le mystère comparable à celui des statues de l’île de Pâques ou d’autres constructions cyclopéennes réparties dans les quatre coins du monde. Comment un homme seul travaillant le plus souvent la nuit , à l’abri des regards, mesurant 1m 60 et pesant à peine 50 kg a-t-il pu s’y prendre ?

On estime que 1000 tonnes de roche de corail ont été utilisées dans la construction des murs et des tours. Ajoutez à cela 100 tonnes supplémentaires qui ont été découpées pour des meubles et divers objets absolument remarquables :






Un obélisque de 28 tonnes. 

 
L’obélisque 



Une porte oscillante de 9 tonnes tellement bien équilibrée qu’il suffit d’un très léger contact du doigt pour la faire pivoter. Cette porte n’est maintenue que par une simple tige de fer reposant sur un mécanisme automobile de récupération. 




Autour du parc, des murs de corail hauts d’environ 3 mètres construits en 1940 pour assurer un peu plus d’intimité.

Un cadran solaire remarquable de précision indiquant le déroulement idéal pour toute personne d’une journée de travail. Elle commençait au matin à 9 heures et se terminait à 16 heures.







Une tour, qui était la seule structure fermée du parc, contenant son logement, un atelier, dont Leedskalnin ne permettait pas l’accès. Le logement était constitué d’une chambre à coucher avec deux lits jumeaux pour des enfants qu’il avait espéré avoir, un berceau basculant, un culbuteur, une cuisine extérieure et la salle de bains., le tout en roche de corail. 

Il n’y avait aucune tuyauterie et encore moins de branchements électriques. Bref, Leedskalnin menait une vie des plus austères, se nourrissant de sardines, de biscuits, d’œufs, de lait et de fruits et légumes qu’il produisait lui-même dans un petit jardin. 



Un escalier en pierre en forme de spirale permettait d’accéder à une structure souterraine qui, on le suppose, devait faire office de réfrigérateur.

Un coin de repentance avec une ouverture pour poser la tête de l’enfant puni. Une telle conception pourra peut-être surprendre les jeunes lecteurs mais il faut signaler que l’éducation des enfants au début du 20ème siècle ne rimait pas vraiment avec laxisme. Par ailleurs, cela ne veut pas dire automatiquement que Leedskalnin avait une âme de tortionnaire et voulait réellement en faire usage. Ceux qui ont connu comme moi il y a 30 ans l’épouvantail du martinet ( sans qu’il ne soit utilisé, heureusement ! ) me comprendront certainement.

Plusieurs chaises : la première pour Leedskalnin lui-même, la deuxième pour Agnès ( The Bonbon Seize ), la troisième pour l’enfant qu’ils auraient eu et enfin la dernière ( jugée paraît-il par les visiteurs comme très inconfortable ) pour la belle-mère. Fait curieux : pas une marque simple d’outil n’a été trouvée sur aucune de ces chaises, qui sont maintenant souvent utilisées pour des mariages. Rappelons au passage que le fameux crâne de cristal de Mitchell-Hedges comportait également cette même absence de marques. Des ingénieurs de Hewlett-Packard, malgré une analyse très fine, n’avaient en effet pu relever la moindre marque d’outils pour tailler le cristal.





Une cour de jeu basée sur le thème de Boucle d’Or et les trois ours, à moins qu’il ne s’agisse des chaises précédentes. Cette information reste à vérifier.

Un télescope de 30 tonnes de plus de 8 mètres de haut et parfaitement aligné sur l’étoile du Nord.



                                 Le télescope




Une suite de cercles concentriques toujours en roche de corail censée représenter le système solaire illustrent parfaitement les préoccupations astronomiques et mystiques de Leedskalnin. 





De grands croissants en pierre perchés à plus de 6 mètres de hauteur et symbolisant sans doute la lune. D’autres sculptures ont été construites en référence, paraît-il, à certaines planètes telles Mars et Saturne. Certaines d’entre elles ( je ne sais exactement lesquelles ) se trouveraient ainsi alignées avec la lune, le soleil et l’étoile Polaire. 




En 1936, prétextant des constructions jouxtant sa propriété qui allaient menacer son intimité, Keedskalnin décide de s’installer 16 km plus loin à Homestead. Toutefois, pour certains chercheurs, la raison serait toute autre. Leedskalnin aurait en effet réalisé qu’il avait commis une erreur mathématique dans le positionnement initial de son château qui ne lui permettait pas de tirer profit de la force tellurique de cette zone.

Mais nous reviendrons ultérieurement dans la partie Théories sur ce point. Il va alors réussir le tour de force inouï de transporter en moins d’un mois son château morceau par morceau, ne laissant qu’une tour derrière. Beaucoup de témoins ont assuré avoir vu les blocs de corail transporté sur un camion emprunté mais personne ne semble avoir vu Leedskalnin charger ou décharger le véhicule.

Le propriétaire du camion se contentait de lui apporter le véhicule au soir et de revenir au petit matin pour le conduire, chargé des blocs , à sa nouvelle destination pour le laisser à nouveau jusqu’au lendemain. A chaque fois, Leedskalnin effectuait seul ce travail, au milieu de la nuit, dans une totale discrétion.

En décembre 1951, Leedskalnin, qui assurait la visite de son parc depuis 1923, tomba malade, souffrant vraisemblablement des reins. Il mit sur la porte un panneau indiquant qu’il partait à l’hôpital. Il prit un autobus qui le mena à l’hôpital de Miami. Trois jours plus tard, il mourut dans son sommeil, emportant avec lui ses secrets dans la tombe. Il avait 64 ans. 3500 $ qu’il avait économisés au cours de sa vie furent trouvés dans la Tour.

Après sa mort, un neveu vivant au Michigan hérita du château. En 1953, ce dernier fut vendu à une famille de Chicago qui continua l’exploitation touristique du site. En 1983, un homme d’affaires, toujours de Chicago, Irving Barr, l’acheta en guise de cadeau de noces pour sa jeune épouse, Irène Nemec, de Miami.

En 1984, le Château de Corail fut placé sur le registre national des endroits historiques. Encore ouvert actuellement aux touristes, il continue d’attirer chaque année aux alentours de 65 000 visiteurs. Ultime anecdote : en 1991, l’ouragan Andrews, qui avait ravagé une bonne partie des USA, avait été particulièrement destructeur en Floride mais bizarrement laissa le Château de Corail absolument intact alors que tout autour du site avait été dévasté. 



Par : Joël Baran
Source :  Artivision

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