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14 oct. 2016

Une rivière en ébullition cachée en pleine Amazonie péruvienne


Au Pérou, une mystérieuse rivière en ébullition intrigue les scientifiques. S’il ne s’agissait au départ que d’une légende, Andrés Ruzo, un géologue du pays, a réussi à trouver sa trace. Depuis, il étudie le lieu et tente de percer le secret de son étonnante nature bouillante.




Une vieille légende péruvienne dit qu’au milieu de la forêt, dans l’Amazonie, se cache une rivière pleine de mystère. Elle s’appelle Shanay-timpishka de son nom indigène, ce qui signifie « bouillie avec la chaleur du soleil ». Une appellation largement méritée si l’on en croit la légende. En effet, l’eau de la rivière aurait une particularité étonnante : celle de bouillir.

Cette histoire, Andrés Ruzo la connaît depuis son enfance. Ce jeune géologue, lui aussi péruvien, a longtemps été bercé par ce mythe. Alors, légende ou réalité ? Pour le savoir, il a d’abord demandé à des experts si une telle rivière pouvait exister, la réponse a semblé unanime : non.


Pourtant, tout son entourage disait avoir déjà vu cette rivière, sa mère affirmant même s’y être baignée. Afin d’en avoir le cœur net, lé géologue est donc parti à sa recherche dans les coins les plus reculés de la forêt péruvienne. C’est ainsi qu’en 2011, il aurait finalement découvert la fameuse rivière à l’eau bouillante.



Une rivière à plus de 80°C…

Le géologue a présenté sa trouvaille lors d’une conférence TED en 2014. Il a désormais écrit un livre, The Boiling River, pour raconter son aventure et surtout décrire cette rivière dont la légende ne mentait pas. En arrivant là-bas, le géologue n’en est pas revenu : « la moyenne de température de la rivière était de 86 degrés Celsius, l’eau n’est pas tout à fait bouillante mais elle en est très près… Ce n’est pas une légende », s’est-il exclamé.

Même si l’eau n’est pas en ébullition parfaite, sur les quelques images tournées par le scientifique, il est possible de voir l’eau qui s’agite, de l’entendre et surtout d’apercevoir une brume de chaleur qui drape la scène. Si la rivière pourrait tenter certains, mieux vaut ne pas s’y aventurer comme l’explique Andrés Ruzo car elle peut être redoutable. Il y aurait même vu des animaux y périr : « la première chose qui s’en va, ce sont les yeux », a-t-il affirmé.

Selon le géologue, l’étendue de la rivière serait également remarquable. Elle mesurerait près de 25 mètres de large pour 6 mètres de profondeur, et s’écoulerait sur un peu plus de 6 kilomètres. Des mensurations qui soulève des questions sur l’origine de sa nature : comment une si grande rivière fait-elle pour reste bouillante ?



Une ébullition pleine de mystères…

Dans le monde, de nombreuses sources chaudes et des rivières bouillantes existent, que ce soit dans le parc national Yosemite aux États-Unis ou en Islande. Mais là-bas, la géothermie joue un rôle crucial dans le réchauffement de l’eau, la plupart du temps parce qu’un volcan se trouve à proximité. C’est ici que le mystère demeure, car les premières formations volcaniques se trouvent à plus de 700 kilomètres de la rivière en ébullition.

Néanmoins, le géologue n’écarte pas totalement l’hypothèse d’une action géothermique. Selon les analyses qu’il a menées, l’eau proviendrait de la pluie. Le processus exact reste inconnu mais Andrés Ruzo pense qu’une fois tombée, l’eau s’infiltre dans le sol. Ensuite, elle serait chauffée par l’énergie géothermique terrestre avant de ressortir, bouillante, dans cette rivière. Ce cours d’eau pourrait ainsi suggérer l’existence d’un vaste système hydrothermal souterrain.



Une autre particularité intrigue Andrés, à tel point qu’il a fait appel à deux biologistes pour lui venir en aide : Spencer Wells et Jonathan Eisen. En effet, près de la rivière, les chercheurs ont découvert des micro-organismes, certains inconnus, qui seraient capable de résister particulièrement bien à la chaleur du lieu.
Protéger un lieu unique…

Avant de publier l’intégralité de son travail, Ruzo veut s’assurer que le gouvernement péruvien protégera le lieu et mettra en place de véritables mesures de conservation. Il veut notamment le préserver des activités humaines qui gagnent de plus en plus de terrain dans la région.

Quand il l’a visitée pour la première fois, le géologue a constaté que l’abattage illégal avait fait disparaitre une bonne partie de la forêt environnante. « J’ai réalisé que cette rivière est une merveille de la nature », a-t-il confié à Gizmodo avant d’ajouter : « elle ne restera pas comme ça à moins que nous ne fassions quelque chose ».

Le géologue espère ainsi que mettre la rivière en lumière suscitera l’intérêt du public et aidera à récolter des fonds afin d’assurer sa survie à long terme.





Vu sur : Le Blog de merlin 

Source : Maxi Sciences

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